La nomination au CSA du patron des sénateurs centristes fait des vagues

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La nomination au CSA du chef de file des sénateurs centristes provoque des remous au Sénat, où certains de ses collègues dénoncent un "siphonnage" de leurs troupes par la majorité UMP qui lorgne leurs sièges.

Cette nomination du sénateur des Yvelines Nicolas About, décidée par le président (UMP) du Sénat, Gérard Larcher, a pris de court la plupart des sénateurs, au premier chef desquels le groupe Union Centriste, qui a décidé de reporter sa cérémonie des voeux prévue mercredi.

De source parlementaire on indiquait que le président du Sénat aurait décidé de nommer M. About jeudi soir alors qu'un autre nom, celui de Christian Demuynck, sénateur UMP de Seine-St-Denis avait été notamment évoqué.

Le président de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, s'est déclaré "très choqué". "C'est une prédation du centre, un siphonnage, parce qu'en quelques mois l'un d'entre nous est devenu préfet, un autre a été nommé au CSM et voici que notre président est nommé au CSA", a-t-il dit.

En octobre 2010, Christian Gaudin (UC, Maine-et-Loire), a été nommé administrateur des Terres australes et antarctiques françaises et le 13 décembre son homologue du Loir-et-Cher Pierre Fauchon au Conseil supérieur de la magistrature. Ils ont dû abandonner leur mandat de sénateur tout comme M. About. Le prédécesseur à la tête du groupe centriste, Michel Mercier, était entré au gouvernement en juin 2009.

"Cela pourrait accréditer l'idée que certains centristes sont du bon gibier", a commenté M. Arthuis, qui préside l'Alliance centriste, une des trois composantes du groupe Union centriste aux côtés du Nouveau Centre et du MoDem.

"Est-ce que cela traduit une volonté de l'UMP que le groupe centriste soit moins fort, moins gênant, moins incontournable en réduisant le groupe au rôle de figurant? On peut se poser la question", s'est également interrogé le sénateur NC Hervé Maurey sur Public Sénat.

L'UC a bouleversé l'ordre du jour de sa réunion hebdomadaire de mardi, qu'elle consacrera aux modalités de l'élection d'un noveau président qui aura la tâche de maintenir la cohésion entre ses différentes sensibilités. Car aujourd'hui le groupe est devenu l'arbitre de la majorité, l'UMP ayant perdu la majorité absolue.

A gauche, on dénonce une nomination dictée par les impératifs des sénatoriales, en septembre 2011.

"Les effets d'aubaine engendrés par les nominations successives de sénateurs à des fonctions diverses sembleraient donner raison à ceux qui pensent que le président du Sénat et la majorité sénatoriale ne sont pas si sûrs de conserver le Sénat", a déclaré M. Bel .

Pour lui, "on semble dégager le terrain dans certains départements, c'est une nouvelle manière d'engager le combat pour les futures échéances électorales". "Les électeurs et les citoyens apprécieront l'utilisation faite de ces prérogatives exceptionnelles", ironise-t-il.

Pour la présidente du groupe CRC-SPG (Communistes et parti de gauche) Nicole Borvo Cohen-Seat, "il s'agit de régler le problème des sénateurs dont on veut se débarasser pour en faire élire d'autres", peste-t-elle.

Le département des Yvelines compte six sénateurs: Gérard Larcher (UMP), Bernadette Dupont (UMP), Dominique Braye (UMP), Alain Gournac (UMP), Catherine Tasca (PS) et Nicolas About (UC). Tous ces postes seront renouvelés en septembre sur des listes respectant la parité. Dominique Braye, récemment nommé président de l'Agence nationale de l'habitat (ANHA) ne se représente pas.