G8-G20 : réactions politiques à la conférence de presse de Nicolas Sarkozy

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Voici des réactions politiques à la conférence de presse du président Nicolas Sarkozy lundi à l'occasion du lancement de sa présidence du G8 et du G20:

- Marine Le Pen, présidente du Front national, sur LCI : "Très clairement Nicolas Sarkozy a assumé la logique mondialiste : il nous a expliqué comment il allait contribuer à renforcer le gouvernement mondial sous la haute autorité d'un certain nombre d'organismes antidémocratiques, technocrates, grâce à toute une série de réunions, de sommets, de colloques, de séminaires, de forums...". "Pas une seule fois le président de la République n'a prononcé le mot euro", ce qui signifie qu'"il admet que l'euro était un non sens total" et "il n'a pas dit un mot sur la régulation des flux migratoires mondiaux" alors "qu'il s'agit là du problème du 21e siècle".

- Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l'international, sur LCI : "Dans ce monde inquiétant, il n'a pas été rassurant. Sur le G20 et le G8, il s'est contenté de nous dire qu'il y avait un agenda, lui qui auparavant avait fait des déclarations tonitruantes sur la manière dont le monde allait se réorganiser à partir de sa présidence. (...) Nous avons eu un tour du monde d'explication de ce qui s'y passait, mais nous n'avons pas vu ce que la France pouvait y faire". "Nicolas Sarkozy estimait qu'il pouvait réorganiser le monde d'un coup de baguette magique", mais en diplomatie mieux vaut "faire des petits pas" que "des grands moulinets avec les bras".

- Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'Economie, sur France Inter : "Sur la partie G8-G20, j'ai vraiment senti quelqu'un qui était en arrière de la main, en arrière de sa main". "Il a été étonnamment modeste, plus modeste en tous les cas dans le ton qu'il n'avait l'habitude de l'être", mais "je pense que ce ton plus modeste, parfois hésitant, parfois même un peu brouillon est plus le reflet des difficultés qui sont les siennes à entraîner, à dialoguer et à trouver des convergences avec les autres grands de ce monde". "Quand il parlait très fort il ne faisait pas grand chose, il parle un peu moins fort, j'ai peur qu'il n'en fasse encore moins".

- Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche: "La feuille de route de la présidence française du G20-G8 serait séduisante si les annonces faites n’étaient pas en contradiction avec la politique menée en France depuis son élection". "Les Radicaux saluent le volontarisme de la France face à la spéculation sur les matières premières et agricoles ou la mise en place d’une taxation sur les transactions financières mais s’interrogent sur la capacité du président français d’aller au-delà des mots sur ces sujets compte tenu de l’état de délabrement de la diplomatie française !" (communiqué)

- Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière: Nicolas Sarkozy est "le loup qui veut se faire passer pour un agneau". Il "a laborieusement essayé de convaincre l'opinion que s'il avait été silencieux à l'égard de la dictature de Ben Ali, c'était parce qu'il s'interdisait toute ingérence dans les affaires d'un autre pays". "Comme si la France des Sarkozy, Chirac et autres se tenait vertueusement à l'écart de ces dictateurs, pendant longtemps amis". "Contrairement à ce que ce bonimenteur nous répète, la Françafrique, ce n'est pas une vue de l'esprit, c'est une sordide réalité qui a perduré, y compris en Tunisie". (communiqué)

- Jean-Marie Cavada et Philippe Vigier, porte-parole du Nouveau centre, saluent "le volontarisme du président de la République en matière de régulation des marchés". "Mais une Europe fédérale pesant de tout son poids est indispensable pour convaincre nos partenaires internationaux", ajoutent-ils, jugeant "aujourd'hui indispensable de rendre effective une taxe sur les flux financiers afin de limiter les effets pervers de la spéculation et fournir une nouvelle recette fiscale". Selon eux, "les Européens doivent parler d'une seule voix et dire leur ambition de concilier l'économie de marché avec une éthique de la solidarité" (communiqué).

- Martine Aubry, dirigeante du PS, a estimé que le président Nicolas Sarkozy avait été "mal à l'aise" et avait donné "l'impression d'y aller à reculons". "Le président a très bien expliqué les problèmes du monde mais il n'a pas été rassurant, il n'a pas donné l'impression qu'en étant le président du G20 il allait enfin pouvoir réguler la finance", a-t-elle déclaré sur Canal +.Interrogée sur le mea culpa du président sur la Tunisie, qui a déclaré ne pas avoir pris la "juste mesure" de la désespérance sociale, elle s'est exclamée: "Comment peut-il dire qu'il ne sait pas ?" "Comment le président de la République peut-il nous dire qu'il ne savait pas qu'il y avait des problèmes de liberté, des problèmes démocratiques, des problèmes d'injustice en Tunisie, ce pays si cher à notre coeur?", a-t-elle demandé.