Le procès de Jacques Chirac aura bien lieu, assure le tribunal de Paris

Avec Reuters

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Jacques Chirac sera bien jugé pour des emplois fictifs présumés à la mairie de Paris, a dit lundi la présidence du tribunal de Paris en réagissant à des rumeurs de renvoi. Les conseils de l'ancien chef de l'Etat, qui a bénéficié de 12 ans d'immunité pénale à l'Elysée, tentent d'éviter une comparution pour des raisons médicales et projettent d'obtenir un renvoi lointain pour cette audience programmée du 7 mars au 8 avril, écrivait Le Monde dimanche.

La présidence du tribunal a souligné d'abord qu'il était impossible légalement de ne pas organiser ce procès, ordonné par deux juges d'instruction.

«On ne peut pas faire autrement»

«Le tribunal est saisi de cette affaire, elle doit être jugée. On ne peut pas faire autrement, ça n'existe pas», a déclaré le cabinet de la présidente du tribunal Chantal Arens. Elle n'est pas saisie actuellement d'une demande officielle de renvoi de Jacques Chirac, a-t-il précisé. L'avocat de Jacques Chirac, Me Jean Veil, s'est refusé à tout commentaire.

La présidence a souligné qu'un renvoi d'un procès qui doit durer un mois poserait «d'importants problèmes d'organisation». Il est possible en correctionnelle d'être absent et de se faire représenter par un avocat, mais cela suppose un motif médical ou d'une autre nature, qui doit être accepté par le tribunal. Une centaine de journalistes doivent assister à ce procès, qui sera le premier pour un ancien président de la République dans l'histoire du pays.

Pas de retransmission

Contrairement à certains autres grands procès, il n'y aura pas de retransmission des débats dans une salle vidéo, car «il n'y a pas le financement», assure la présidence. Le Monde affirme que Jacques Chirac a obtenu cette faveur pour que tout risque de «fuite» de son image devant les juges soit annulé. Il a aussi été question, contrairement à un autre usage, d'interdire l'entrée en salle d'audience aux journalistes avec leurs téléphones portables éteints et des ordinateurs, admet la présidence. Mais elle assure qu'«on ne va pas faire ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent (dans d'autres procès)».

Jacques Chirac, qui vient d'avoir 78 ans, doit être jugé avec neuf autres prévenus pour «détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêt» dans deux dossiers concernant 28 emplois présumés fictifs à la Ville de Paris à la fin des années 1990, quand il était maire. Il encourt en théorie jusqu'à dix ans de prison et dix ans d'inéligibilité automatique. Le parquet a déjà dit qu'il n'entendait pas demander de condamnation contre lui. L'audience se tiendra en l'absence de la partie civile, la Ville de Paris, qui a négocié le remboursement de 2,2 millions d'euros, 500.000 euros à la charge de Jacques Chirac et le reste à celle de l'UMP.