Syndicat et patronat planchent sur les nouvelles règles d'assurance chômage

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Syndicats et patronat se retrouvent lundi soir au siège du Medef pour une première séance de négociations sur de nouvelles règles d'assurance chômage qui ne devraient pas être radicalement bouleversées mais peaufinées sous la pression des organisations de salariés.

Les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) veulent reconduire la convention entrée en vigueur en 2009 et expirant fin mars et notamment une garantie de baisse des cotisations en cas d'assainissement des finances de l'Unedic. De leur côté, les syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) réclament que les plus précaires soient mieux pris en charge et indemnisés.

Pour l'heure, la marge de manoeuvre financière de l'Unedic reste limitée au vu de sa dette de 11 milliards d'euros. Ce fardeau cependant devrait être réduit, fin 2014, à 6,7 milliards d'euros, selon les prévisions de l'assurance chômage qui table sur une baisse du nombre des demandeurs d'emploi d'ici à quatre ans, alors que la crise avait mis à la porte des entreprises un million de salariés supplémentaires.

"Nous ne voyons pas de signe de reprise" actuellement, a estimé dans le Journal du Dimanche, Laurent Berger, négociateur de la CFDT, seul syndicat signataire de la convention de 2009.

Selon lui, "trois catégories sont dans une situation dramatique: les jeunes, les seniors et les demandeurs d'emploi de longue durée".

Dès lors, la centrale de François Chérèque, comme les autres syndicats, propose de favoriser le retour à l'emploi en instituant un droit "rechargeable" ou "cumulable" permettant au chômeur de garder ses indemnités non utilisées pour une période de non emploi ultérieur. Une façon d'encourager à accepter un contrat, même risqué, intérim ou CDD.

Autre piste: des cotisations patronales variables selon la durée des contrats, en vue de pénaliser les entreprises qui ont recours systématiquement aux contrats courts. La CFDT propose un système dégressif dans le temps, la CGT prône des parts patronales différentes pour CDI, CDD ou contrats d'intérim, mais l'idée est la même: que la flexibilité ait un coût.

Les syndicats veulent bien évidemment garder un acquis phare de la dernière convention qui a permis aux personnes ayant travaillé quatre mois de bénéficier d'allocations chômage, alors que le seuil était de six mois auparavant. Plus de 300.000 personnes en ont bénéficié, selon les syndicats.

La CGT réclame l'ouverture de droits au chômage dès deux mois travaillés, pour "le noyau dur des précaires", rappelant qu'actuellement "moins de la moitié des demandeurs d'emploi sont indemnisés par l'Unedic".

En 2009 est aussi entré en vigueur le principe d'"un jour cotisé, un jour indemnisé" jusqu'à un plafond de deux ans (trois pour les seniors), un dispositif auquel les partenaires sociaux ne semblent pas vouloir toucher.

De son côté, le patronat entend faire son possible pour reconduire la clause qui prévoit une baisse des cotisations le jour où les comptes de l'assurance chômage renoueront avec un excédent, d'au moins 500 millions d'euros sur un semestre. Ce qui surviendrait dès 2013, selon les prévisions de l'Unedic.

Mais FO et CFTC refusent une baisse des cotisations tant que perdure l'énorme dette cumulée de l'Unedic. Quant à la CGT, elle "préfère indemniser tout le monde et mieux" plutôt que baisser les cotisations.