La presse française sceptique avant le discours de Nicolas Sarkozy sur sa politique étrangère

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes y voient une énième tentative de «rebondir» dans l'opinion publique...

© 2011 AFP

— 

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux au monde de la culture et de l'éducation nationale, le 19 janvier 2011, à Paris
Nicolas Sarkozy lors de ses voeux au monde de la culture et de l'éducation nationale, le 19 janvier 2011, à Paris — E.FEFERBERG / AFP

La conférence de presse sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy ce lundi est attendue avec scepticisme par plusieurs éditorialistes qui y voient une énième tentative pour «rebondir» dans l'opinion publique, dans l'optique de l'élection présidentielle de 2012.

«Nicolas Sarkozy parle, mais qui l'entend?»

«Nicolas Sarkozy parle, mais qui l'entend?» demande un Paul Quinio féroce dans Libération. «Le G20 (...) va offrir au Président mal aimé l'occasion de rebondir», mais le chef de l'Etat «devra aussi démontrer aux Français que ses rodomontades en faveur d'une meilleure régulation de l'économie en général et de la finance internationale en particulier n'étaient pas que du vent».

Pour Xavier Panon, de La Montagne, «la nouvelle stratégie de communication de Nicolas Sarkozy repasse par la case Élysée. Objectif, déjà tenté l'an passé: représidentialiser le probable candidat à sa réélection dans quinze mois.» «L'énergie qu'on lui connaît suffira-t-elle à lui assurer les retombées espérées? Ce n'est pas évident», note le journaliste. Christine Clerc, dans Le Télégramme, souligne que «le Président sait bien qu'il sera jugé d'abord sur ses résultats en France», quels que soient les résultats de ses présidences du G8 et du G20.

«Nicolas Sarkozy aborde cette phase bien moins flambard»

Selon Francis Brochet, l'éditorialiste du Progrès de Lyon, Nicolas Sarkozy est malheureusement resté «le petit garçon» tout excité, moqué naguère par Patrick Poivre d'Arvor. «Notre petit Président a bien envisagé un moment de leur faire la leçon, aux deux grands, du haut de ses présidences du G8 et du G20, mais ils l'ont vite remis à sa place», lance-t-il.

L'éditorialiste de la Charente Libre, Dominique Garraud, observe lui aussi que le chef de l'Etat aborde ces prochains sommets avec plus de modestie: «(...) Très offensif, il y a deux ans, lors de l'éclatement de la crise financière et alors salué pour son activisme débordant sur la scène mondiale, Nicolas Sarkozy aborde cette phase bien moins flambard.» Mais Dominique Seux, dans les Echos, crédite le président de quelques chances de succès au plan international, car la donne a changé: «les raisons d'être optimiste ne sautent pas aux yeux. Sauf que...», analyse-t-il.