Front national: Marine Le Pen succède officiellement à son père à la tête du parti

POLITIQUE Elle l'a emporté face à Bruno Gollnisch avec 67,5% des voix...

Avec Reuters

— 

S.MAHE / REUTERS

C’est fait. Jean-Marie Le Pen a passé ce dimanche le flambeau du Front national à sa fille Marine, qui peut désormais mettre sur orbite sa candidature à la présidentielle de 2012.

Marine Le Pen, 42 ans, l'a emporté haut la main dans la course à la succession sur Bruno Gollnisch, 60 ans, avec 67,65% des voix contre 32,35% à son unique rival. Un peu plus de 22.000 adhérents ont participé au scrutin, dont le résultat a été dévoilé lors du congrès de Tours, devant 2.000 cadres du parti d'extrême droite.

Jean-Marie Le Pen, 82 ans, réussit sa succession à la tête du parti qu'il a fondé en 1972 puisque le FN reste une affaire de famille. Il n'entend pas s'effacer puisqu'il devient président d'honneur, un poste sur mesure qui lui permet de siéger dans toutes les instances dirigeantes. Il conserve aussi ses mandats de député européen et de conseiller régional.

«Plus sain de laisser les coudées franches à la nouvelle équipe»

Jean-Marie Le Pen n'a pas douté que l'unité du mouvement serait préservée à 15 mois de l'élection présidentielle. Bruno Gollnisch a néanmoins refusé le poste de «premier vice-président», c'est-à-dire de numéro 2 du parti, que Marine Le Pen lui avait proposé dans un souci d'unité. Il restera cependant membre du bureau politique.

«J'ai jugé plus normal et plus sain de laisser les coudées franches à la nouvelle équipe», a-t-il dit aux journalistes. Marine Le Pen s'est assuré une majorité stable mais Bruno Gollnisch a affirmé que ses proches représentaient 40% du comité central.

«A partir de maintenant, il n'y a plus ni marinistes, ni gollnichiens»

Le poste de «premier vice-président» revient à Alain Jamet, un proche de Jean-Marie Le Pen et Jean-François Jalkh devient délégué général. Louis Alliot, proche de Marine Le Pen et ex-secrétaire général du FN, devient vice-président chargé du projet.

Bruno Gollnisch a assuré qu'il s'engagerait dans la campagne présidentielle aux côtés de la nouvelle chef de file du FN. «A partir de maintenant, il n'y a plus ni marinistes, ni gollnichiens, il n'y a plus que des militants du Front national», a cru pouvoir assurer Marine Le Pen.

Objectif: «assécher» l’UMP

Créditée de 16,5% à 18% dans les sondages, la nouvelle présidente du FN constitue un danger pour les prétendants à l'Elysée, en particulier pour Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen espère non seulement rééditer en 2012 la performance de son père, qui s'était qualifié pour le second tour de la présidentielle en 2002, mais faire mieux encore pour transformer le FN en un grand parti populaire de gouvernement. Elle n'a pas caché aux journalistes son ambition «d'assécher» l'UMP en profitant de l'attraction qu'elle semble exercer sur une partie de l'électorat de droite, voire du centre droit.

Marine Le Pen s'est efforcée depuis sept ans de «dédiaboliser» et de donner une image plus moderne du FN. Elle a été la première au sein du FN à mettre en avant la laïcité face à ce qu'elle considère comme une islamisation de la France et entend développer les thèmes économiques et sociaux. Les élections cantonales de mars prochain seront un premier test de sa capacité à élargir l'assise électorale du FN.