Présidentielle: Hollande candidat seulement si la gauche l'emporte dans des cantonales en Corrèze

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L'ex-Premier secrétaire du PS François Hollande a confirmé samedi en Corrèze, dont il est président du conseil général, qu'il ne poursuivrait son chemin vers la présidentielle de 2012 que si la gauche emportait en mars dans ce département des cantonales numériquement très serrées.

"La légitimité pour moi, c'est le suffrage universel et si je n'arrivais pas à être majoritaire au conseil général de la Corrèze, j'aurai un certain nombre de difficultés pour prétendre briguer une fonction plus élevée", a-t-il estimé devant la presse en marge d'une cérémonie de voeux aux Corréziens.

"Donc il faut faire en sorte de franchir cet obstacle qui pour moi est la condition de la suite de mon parcours", a-t-il dit.

En Corrèze, la gauche n'a qu'un siège d'avance et en mars, 19 des 37 cantons sont renouvelables, 10 à gauche et 9 à droite.

"Avec des cantons qui font 2.000 habitants, d'autres 10 ou 12.000, on peut être très majoritaire et en même temps perdre LE canton stratégique", a-t-il dit.

A la tribune des voeux, devant des centaines de Corréziens massés dans la grande salle du centre de secours de Tulle, M. Hollande se veut un élu départemental. Mais ses propos dépassent largement le cadre local. Il parle de la Tunisie, du Niger et de l'Afghanistan, du "climat exceptionnel de pessimisme" qui sévit en France.

Il le juge "largement exagéré" et souligne "les talents, les vertus, le courage" du pays, avec des accents très nettement nationaux, avant de réadapter d'une pirouette le discours à son auditoire : "ce qui est vrai pour notre pays est vrai pour la Corrèze", dit-il. Il enchaîne ensuite sur l'actualité locale.

Personne n'est dupe. Le préfet de Corrèze Alain Zabulon s'amuse à la tribune "de voir la presse nationale abondamment représentée" aux voeux. "Je me suis interrogé, et j'ai compris, c'est pour assister aux voeux du préfet". La salle s'esclaffe.

Dans son discours, François Hollande salue au passage l'action de Bernadette Chirac, conseillère générale du canton de Corrèze, en faveur de l'arrivée du TGV dans la région. Il lui demande de "transmettre au président Chirac toute notre sympathie". Souriante, elle applaudit le discours, sans ostentation.

Auparavant, elle avait été un peu acide devant la presse, disant "connaître un peu M. Hollande depuis qu'il est président du Conseil général" mais évitant de s'engager sur ses capacités comme président de la République. "En tout cas il en a publiquement formulé le souhait... mais vous savez que chez eux, c'est compliqué, il y a les primaires".

"Quand on me dit +Mme Chirac, c'est votre complice+, c'est aller bien vite en besogne", affirme de son côté François Hollande.

Néanmoins, samedi, l'épouse de l'ancien président de la République, et un autre conseiller général de droite se sont abstenus de participer à la présentation des listes de la droite corrézienne.

"Elle ne s'est pas mise sur la photo" de groupe, observe un connaisseur de la vie locale. "Ici, elle ne fera rien contre François Hollande", dit-il.

M. Hollande ne semble pas vraiment inquiet et se place déjà clairement dans l'après scrutin de mars.

A la presse samedi, il a ainsi déclaré : "Je suis dans un mouvement, un parcours, avec des franchissements d'étapes, pour être en situation le moment venu". Ou bien : "Quand on me souhaite une bonne année 2011, je dis qu'elle est là pour préparer la suivante". Ou encore : "J'ai le sentiment d'avoir franchi le seuil de crédibilité après le seuil de notoriété, et ensuite viendra le seuil de reconnaissance, que je construis patiemment".