Congrès de Tours du FN: Jean-Marie Le Pen glorifie le passé et évoque une France «ruinée» et «engluée»

PARTI Le président du parti a fait son dernier discours avant de passer la main...

De notre envoyé spécial à Tours, Vincent Vantighem

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Jean-Marie Le Pen lors de son dernier discours en tant que président du FN, à Tours, le 15 janvier 2011.
Jean-Marie Le Pen lors de son dernier discours en tant que président du FN, à Tours, le 15 janvier 2011. — CHAMUSSY/SIPA

Comme il le fait depuis quarante ans, il a levé les mains en l’air et il a serré les poings en signe de victoire. Mais à l’heure de prononcer son dernier discours en tant que président du Front National, Jean-Marie Le Pen n’a pas pu totalement cacher l’émotion qui l’étreignait.

«C’est à vous que je confie le destin de notre mouvement», a-t-il lâché à l’attention des militants réunis à Tours en congrès. A eux et surtout à sa fille, qui devrait prendre officiellement la tête du parti demain après-midi.

Douce France, le pays de son enfance

Elle risque d’avoir du boulot. Dans un discours fleuve d’une heure, son père n’a pas brossé l’ébauche d’une esquisse de proposition. Il s’est juste contenté de se souvenir de la France de sa jeunesse et de décrire «la déchéance» dans laquelle elle est «engluée» aujourd’hui.

Aucune strate de la société n’a échappé à son jugement. L’école coupable d’avoir retiré l’histoire de Napoléon et de Louis XIV du programme des collèges pour ajouter celle «d’empires africains du XVII» ; l’économie coupable d’avoir réduit «la paysannerie à néant» et décimé l’industrie. D’avoir transformé un budget sain en «une France ruinée»…

«Les islamistes occupent les rues»

«Toute ma vie, on a préféré crier au dérapage plutôt que de dénoncer le scandale lui-même», a-t-il scandé suscitant à plusieurs reprises les applaudissements des militants en délire. Car le président s’est longuement arrêté sur le thème de l’immigration. «Quarante ans de lâcheté ont suffi de faire d’une France laïque une France en voie d’islamisation. Mais voulant presque imposer la charia, les islamistes occupent les rues, a précisé celui qui est devenu président d’honneur du FN. Je crains de graves troubles ethnico-religieux.»

Il se pose en martyr

Fidèle à sa stratégie habituelle de communication, le «Vieux lion» s’est posé en victime du système, en martyr même. Dénonçant le «terrorisme intellectuel » et la « police de la pensée unique» qui ont empêché son mouvement d’accéder au pouvoir. Mais l’homme est fier. Et à 82 ans, il est surtout heureux. «Dans l’ascension de la vie, il faut parfois s’arrêter pour souffler, dit-il en guise de conclusion. Foin de regret, le passé fut si beau.»

Comme il le faisait déjà au début de sa carrière, il a clos son discours en entonnant la Marseillaise. Assise en contrebas, face à lui, sa fille Marine l’a reprise en chœur. Un large sourire au visage.