Congrès du FN: Un changement «émouvant» mais «nécessaire»

REPORTAGE Alors que Marine Le Pen devrait prendre la succession de son père à la tête du parti...

De notre envoyé spécial à Tours, Vincent Vantighem

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Bruno Gollnisch et Marine Le Pen entourent Jean-Marie Le Pen, qui a présenté le 6 janvier 2010 ses derniers voeux à la presse en tant quue président du FN.
Bruno Gollnisch et Marine Le Pen entourent Jean-Marie Le Pen, qui a présenté le 6 janvier 2010 ses derniers voeux à la presse en tant quue président du FN. — B. TESSIER/ REUTERS

Dans les travées du centre Vinci de Tours, il se murmure que le discours de Jean-Marie Le Pen, cet après-midi, pourrait durer deux heures. C’est son dernier en temps que président du Front National et le «vieux lion» a passé la semaine à le peaufiner.

Après 38 ans passés à la tête de «son» parti, Jean-Marie Le Pen tire sa révérence et passe la main. Si le résultat du vote interne ne sera connu que demain matin, tout laisse à croire que sa fille, Marine, devrait prendre le relais.
 
«La France n’est pas une démocratie»
 
«Il faut qu’il y ait une relève, reconnaît Robert, militant des Bouches-du-Rhône. Mais ce ne sera plus le Front National. Ce sera différent…» A 77 ans, ce grand gaillard aux belles bacchantes a suivi toutes les aventures du FN. «J’étais l’un des premiers adhérents!», lâche-t-il fièrement.

A côté d’une pile de livres de campagne – Trahisons sur commandes, Tout va mal en France - le militant ne cache pas son amertume. «J’ai un seul regret. Après quarante ans de Front National, c’est que la France ne soit toujours pas une démocratie», dit-il en ajustant son pin's clignotant aux couleurs de la présidentielle de 2007.
 
«Il commence à se faire vieux»
 
Bleu, blanc, rouge. Les mêmes que le bracelet que porte tout aussi fièrement Pierre-Edouard. A 22 ans, ce jeune militant de Lyon est à l’opposé de Robert. Il vient de prendre sa première adhésion au Front mais «les idées étaient là depuis longtemps».

Aujourd’hui, il est «très content» d’être là et d’assister à ce moment d’histoire. «Jean-Marie Le Pen a servi les Français toute sa vie, pense le jeune homme à la mèche impeccable et chemise ouverte sur une croix chrétienne scintillante. Je retiendrai avant tout le courage qu’il a déployé pour affronter ses détracteurs. Toujours, il a tenu bon. Aujourd’hui, c’est un changement émouvant mais nécessaire. Il commence à se faire vieux. J’espère qu’il nous fera un beau discours.» Réponse à 16h30.