Nicolas Dupont-Aignan: La sortie de l'euro, priorité de 2011 pour gagner 2012

VOEUX A la fois «patriote» et «républicain», le président de Debout la République veut être une alternative lors de la présidentielle…

Enora Ollivier
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Le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a critiqué lundi le plan de sauvetage pour l'Irlande décidé la veille par l'UE et le FMI, y voyant "une rustine de plus sur une chambre à air totalement à bout de souffle.
Le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a critiqué lundi le plan de sauvetage pour l'Irlande décidé la veille par l'UE et le FMI, y voyant "une rustine de plus sur une chambre à air totalement à bout de souffle. — Francois Guillot afp.com

Hôtel quatre étoiles, champagne et macarons... Pour ses vœux à la presse, mercredi, Nicolas Dupont-Aignan n’a pas regardé à la dépense. Il faut dire que l’enjeu est de taille pour le président de Debout la République, qui est déjà entré en campagne pour l’élection présidentielle de 2012 mais souffre d’un déficit de notoriété.
 
Puisqu’il est question de vœux, Nicolas Dupont Aignan en a surtout formulé un: que Nicolas Sarkozy accepte de débattre avec lui, à la télévision, de la question de l’euro. «Si c’est un homme, qu’il ose», a-t-il lancé. Car la monnaie unique, que le chef de l’Etat, lors de ses vœux télévisés du 31 décembre, a promis de «défendre de toutes ses forces», est la bête noire de Nicolas Dupont-Aignan. Rester dans la zone euro «va précipiter la France dans le chômage, le détricotage des droits sociaux, la montée de l’extrémisme», a-t-il scandé, estimant même qu’une «récession à la Laval de l’entre-deux-guerres» menace le pays.

Chevènement comme président du comité de soutien ?

Selon le président de Debout la République, de 30 à 40% des Français sont favorables à une sortie de l’euro. Nicolas Dupont-Aignan n’a que faire des sondages qui prétendent le contraire.  «On nous raconte n’importe quoi. C’est de la propagande», affirme t-il à 20minutes.fr Quant à l’UMP et au PS, tous deux favorables au maintien de la monnaie unique, ils «défendent la même politique de sauvetage d’une oligarchie», une politique «suicidaire» qui oblige «les patriotes» à voter Front national.
 
Dupont-Aignan a justement l’ambition de rassembler ces Français qui s’estiment à la fois «patriotes» et «républicains», sans être tentés par l’extrémisme. «On peut être Français sans rejeter l’autre», défend t-il, avant de proclamer qu’il sera «le seul à proposer une politique radicalement différente». Une stratégie de rassemblement qui n'est pas sans rappeler celle de Jean-Pierre Chevènement, le «troisième homme» de l’élection 2002, avec qui il avait d’ailleurs partagé des meetings contre le traité européen. «Je serais ravi qu’il prenne la présidence de mon comité de soutien», a lancé, goguenard, Nicolas Dupont-Aignan. Le message est transmis à celui qui envisage pourtant «sérieusement» de se présenter en 2012.
 
Pour espérer réaliser un score en 2012 - et s’offrir une meilleure visibilité - Nicolas Dupont-Aignan débute 2011 en trombe: il prévoit un tour de France à bord d’une «caravane de sortie de l’euro» en janvier, un débat sur l’école publique en février, la sortie d’un livre en mars. Mais encore faut-il qu’il obtienne les 500 signatures de maires nécessaires à une candidature à la présidentielle. En 2007, il avait échoué de peu, en en recueillant 448. Mais, assure t-il, «les temps ont changé. On aura les signatures.»