Besancenot et Mélenchon tour à tour en visite au squat près de l'Elysée

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Olivier Besancenot (NPA) et Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) se sont tour à tour rendus mardi au squat près de l'Elysée, en soutien aux militants de l'association Jeudi Noir qui occupent depuis plusieurs jours cet immeuble vacant.

Les deux leaders de la gauche radicale succèdent ainsi à Eva Joly (EELV) venue samedi, ou à Benoît Hamon (PS) lundi, dans cet immeuble de bureaux, propriété de l'assureur Axa, situé au 22 avenue Matignon (Paris VIIIème).

A son arrivée vers 15h00, peu après celle de l'acteur Mathieu Kassovitz, le leader du NPA a eu quelques peines à faire entrer dans le squat son cadeau aux militants, un radiateur.

Après un échange plutôt musclé avec les policiers, M. Besancenot et son radiateur ont fini par accéder au bâtiment, accompagné d'une bonne dizaine de journalistes, en dépit du "blocus" par la police, qui contrôle les allées et venues des occupants, dénoncé par le collectif.

M. Besancenot a plaidé pour "l'application de la loi de réquisitions des logements vides". "Quand on verra la police nationale courir après Sarkozy" pour que son ancienne mairie de Neuilly "respecte le quotas de logements sociaux, il y aura du nouveau", a-t-il lancé avant de monter sur le toit de l'immeuble qui jouit d'une superbe vue à 360° sur Paris.

A quelques dizaines de mètres du drapeau français flottant sur le palais où réside Nicolas Sarkozy, le facteur de Neuilly a constaté être "à un jet de pierre de l'Elysée", "c'est tentant!".

Une heure plus tard, Jean-Luc Mélenchon, accompagnés d'élus PG, a également monté les huit étages pour observer la vue. "Ca vous fait rêver en face?", lui a lancé un journaliste, qui s'est vu répondre par un grand sourire du probable candidat Front de gauche en 2012.

"Certains supportent que des bâtiments magnifiques soient vides pendant que de pauvres gens meurent de froid dans la rue", a lancé le président du PG. "J'ai choisi mon camp, je suis avec ceux qui luttent", a ajouté l'eurodéputé, après avoir salué le "courage formidable" de Jeudi noir et souhaité "casser les reins de la spéculation immobilière".

M. Mélenchon a également ironisé sur le service d'ordre à l'entrée du squat: "ils ont l'interphone le plus sophistiqué de Paris!"

Au départ, la visite des deux leaders était prévue au même moment, avant qu'Olivier Besancenot n'avance sa présence. La photo conjointe n'aurait sûrement pas déplu à M. Mélenchon dont le parti entend relancer les discussions avec le NPA en vue de 2012, avant le congrès du parti d'Olivier Besancenot à Montreuil (11-13 février).

Après le mouvement social sur les retraites, "il est plus que jamais urgent de construire un débouché politique", a expliqué à l'AFP, Eric Coquerel, secrétaire national du PG qui réunit son Conseil national les 22 et 23 janvier.

Après l'échec d'une candidature unique à la présidentielle 2007, les ratés aux européennes et aux régionales, l'affaire semble hors de portée. Mais "il y a des débats chez eux", affirme M. Coquerel. Aussi, sur les alliances, "il faut recommencer autant qu'il le faut vis-à-vis du NPA", d'autant que la perspective d'un score à deux chiffres semble atteignable en cas d'accord, selon lui.