Primaires au PS: François Hollande fait son trou

POLITIQUE Il commence à s'installer dans les sondages, son équipe vante l'alternative à DSK...

Maud Pierron

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François Hollande le 29 août 2010 à l'université d'été de La Rochelle.
François Hollande le 29 août 2010 à l'université d'été de La Rochelle. — S. MAHE/ REUTERS

Au fur et à mesure, François Hollande trace sa route vers les primaires. Toujours pas déclaré, il reste un «putatif». Qui commence à jouer placé dans les sondages. Dans le dernière salve de l’Ifop (le détail ici) paru ce lundi dans France Soir, l’ancien premier secrétaire arrive en deuxième position chez les sympathisants socialistes avec 18%, loin derrière Strauss-Kahn, à 47% certes, mais devant Martine Aubry (12%) et Ségolène Royal (11%). Surtout, tandis que tous ses camarades baissent (entre -5% et -8%), lui fait un bond de 13%.

«Ce n’est pas une surprise, c’est même plutôt agréable de voir que les sondages confirment ce qu’on entend», réagit Michel Sapin, député proche de François Hollande, qui parle de «confirmation d’un travail entamé il y a six mois». Quand à La Rochelle il avait débuté sa mue et était apparu aminci. «Mon atout, c’est moi, avait-il lancé au petit-déjeuner à quelques journalistes. Les capacités, ça ne se proclame pas, ça se démontre.» Et c’est ce à quoi il s’est attelé durant l’automne, en battant la campagne à coup de déplacements sur le terrain, de réflexions autour de la fiscalité et de la jeunesse notamment.  

La prime au «sérieux» contre «les coups d’éclats»

Reste que sur l’ensemble des sympathisants, Hollande est largué, 4e derrière les trois ténors avec 7% des intentions de vote. «Il reste bas mais ce qui est important dans ce sondage, c’est que dans tous les échantillons, il est le seul à progresser quand les autres baissent. Sa progression est continue, décrypte le spécialiste de la fiscalité. Il ne cherche pas les coups d’éclats, ce qui compte c’est le sérieux, le travail et la détermination.» Et hop, un petit tacle à Manuel Valls et Ségolène Royal.

Et pour un peu, les «Hollandais» se sentent confortés dans leur pari. Faire de François Hollande le recours de la gauche réaliste, réformiste, si Dominique Strauss-Kahn, finalement, refusait de s’engager dans les primaires. «S’il n’est pas candidat, sur qui se reportent les espoirs de la gauche?», demande Michel Sapin, qui a déjà trouvé sa réponse.  Et même si DSK y allait, «qui sait ce que sera la situation en novembre? interroge Michel Sapin. Les critiques de l’extrême gauche contre DSK peuvent finir par porter. Et il a atteint son plus haut dans les sondages donc il ne peut que baisser.»

«Il y a DSK et il y a les autres»

Ce ne sera pas «une candidature de deuxième choix», ajoute-t-il, mais «un autre profil: la France a besoin d’une certaine forme de modestie», assure Michel Sapin, sans qu’on sache qui vise précisément cette flèche. «C’est dérisoire», réagit Pierre Moscovici, rappelant qu’entre DSK, son champion, et François Hollande, «le rapport est de 1 à 3». «Comme un sondage ne fait pas le printemps, il ne fait pas l’hiver non plus. Les autres peuvent se gargariser, mais il y a lui, DSK, et il y a les autres, et ça ne changera pas, il n’y a aucune raison», assène le député du Doubs.