35 heures: Martine Aubry reprend Manuel Valls

POLITIQUE Tout en refusant la polémique...

Maud Pierron

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AFP

En de début d’année 2011, Martine Aubry est zen. De retour de vacances en Chine, elle a suivi la polémique sur les 35 heures, dégoupillée par Manuel Valls, de loin. Benoît Hamon et de nombreux camarades sont montés au front mais la première secrétaire s’est faite discrète, même si certains réclamaient de sa part une mise au point. Des militants furieux des propos de Manuel Valls ont envoyé quelque 800 mails ou courriers au siège du PS. Pourtant, Martine Aubry n’a pas recadré officiellement le trublion. 

Le débat «absurde» sur les 35 heures

«Tout le monde a le droit de s’exprimer», a répondu samedi la première secrétaire, dans le TGV qui la ramenait de Jarnac à Paris. «A condition que ce qu’on dit est censé», prend-elle soin d’ajouter dans un sourire. «Manuel est bien plus inspiré quand il parle de sujets qu’il connaît bien», ajoute Martine Aubry qui s’évertue à ne pas rudoyer le député-maire d’Evry. Du coup, elle promet, sur le ton de la blague, de faire envoyer à Manuel Valls des «notes» pour qu’il «potasse».

Pour le reste, le débat sur la durée légale du temps de travail est «absurde». «Ce sujet est imprenable car c’est une réforme majeure. C’est la dernière réforme qui a été faite pour les Français. Elle est utile pour l’emploi, utile pour la compétitivité des entreprises, même si tout n’a pas été facile», plaide celle qui les a mise en place.

«Il faut qu’il y ait un sens collectif»

La preuve, même si elles ont été adaptées, la droite n’a «pas osé les remettre en cause». En fait, le seul enseignement qu’elle tire de cette polémique, c’est qu’elle a «permis aux Français de dire leur attachement» à cette réforme, notamment dans des sondages. Quant à Manuel Valls, qu’elle n’a pas vu depuis la polémique, Martine Aubry devrait le voir mardi, lors de la réunion des ténors prévue pour parler notamment des primaires.

Aux primaires, «il y a des gens qui ont une vraie chance, et ceux qui ont des choses à dire, des idées à porter. C’est toujours bon mais il faut qu’il y ait un sens collectif», insiste-t-elle. Mais attention, Martine Aubry, «la besogneuse» comme elle le dit, toute concentrée sur une année 2011 décisive, ne veut pas «être dans le commentaire politique».

Se faire rare
  
D’ailleurs c’est décidé, en 2011, Aubry continuera à se faire rare, même si certains de ses camarades lui demandent d’être plus souvent en première ligne. Mais sur ce point, la maire de Lille peut remettre au goût du jour les leçons de Mitterrand, célébré à Jarnac samedi.

«Je n’imagine pas Mitterrand répondre aux questions auxquelles on me demande tous les jours de répondre», dit-elle sereinement, évoquant «une société de plus en plus dans l’urgence, l’anecdote, le commentaire». «La politique ce n’est pas ça, c’est avoir une vision, ce n’est pas réfléchir à comment se valoriser dans les sondages, mais c’est réfléchir à ce qu’on veut faire pour la France».