Ségolène Royal: «J'ai envie de succéder à François Mitterrand»

POLITIQUE La présidente de Poitou-Charentes est déterminée à être candidate jusqu'au bout...

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Ségolène Royal, le 18 mars 2010 à La Rochelle.
Ségolène Royal, le 18 mars 2010 à La Rochelle. — NOSSANT/SIPA

Ségolène Royal, candidate aux primaires socialistes en vue de la présidentielle, a déclaré ce samedi, jour de commémoration du 15e anniversaire de la mort de François Mitterrand, avoir «envie de succéder» au seul socialiste parvenu à être élu chef de l'Etat.

Dans une interview au Monde daté de dimanche lundi, la présidente de la région Poitou-Charentes revendique sa filiation avec l'ancien président. Elle insiste sur le fait qu'elle a été «pendant sept ans à ses côtés à l'Elysée, puis dans son gouvernement, ainsi qu'au Parlement, élue avec son soutien dans sa région natale».

Déterminée à candidate jusqu'au bout

«Je n'ai jamais oublié ses engagements. Même quand il était impopulaire, je les revendiquais», poursuit Ségolène Royal, en soulignant que «lors de sa déclaration de candidature aux primaires pour la présidentielle» fin novembre elle avait «pensé à lui».

«Depuis longtemps, au fond de moi, j'ai envie de succéder à François Mitterrand par amour de la France, du peuple français, de son histoire, de sa culture», explique l'ex candidate socialiste à la présidentielle de 2007.

S'agissant des primaires socialistes, elle montre sa détermination à être candidate jusqu'au bout, que ce soit en cas de candidature de Dominique Strauss-Kahn, favori dans les sondages, ou de la première secrétaire du parti, Martine Aubry.

«Aucune revanche à prendre»

Quand on lui demande si elle se désisterait si le patron du FMI se décidait à concourir, elle répond: «Si Dominique est le candidat désigné, je mettrai à sa disposition mon expérience d'une campagne présidentielle».

A la question de savoir si Martine Aubry, en tant que numéro un du PS, n'est pas «la candidate naturelle», elle réplique que «les règles du parti ne prévoient pas cette automaticité». «Ce serait d'ailleurs contraire à la décision d'organiser des primaires», ajoute-t-elle.

Ségolène Royal affirme n'avoir «aucune revanche à prendre». «Je m'engage par conviction, parce que j'aime la France et les Français et que je pense pouvoir contribuer à la victoire de la gauche et au delà de la gauche, de l'extrême gauche aux centristes humanistes en passant par les écologistes, de tous ceux qui veulent que ça change».

Le PS «pas à l'abri d'un 21 avril»

«Vous savez, poursuit-elle, François Mitterrand a dû traverser les échecs, subir beaucoup d'épreuves et en apprendre les leçons avant de rencontrer l'adhésion du peuple français».

La présidente de Poitou-Charentes réaffirme sa volonté d'union des socialistes. «Si je suis désignée, je rassemblerai et nous nous battrons pour gagner. Si je ne suis pas désignée, je n'en nourrirai ni amertume, ni regret puisque de toute façon, il faudra s'engager pour que l'équipe gagne».

De son parcours politique, elle dit que «rien ne (lui) a été donné». «J'ai toujours essayé de mériter ce qui m'arrivait et d'en être à la hauteur». Enfin, quand on lui demande si le PS «est à l'abri d'un 21 avril», elle répond: «Non, rien n'est acquis.» «C'est pour ça qu'il ne faut pas tarder sur l'avenir meilleur que l'on sera capable de construire pour et avec les catégories populaires.»