Quand Luc Chatel doit défendre le «niveau de français» de Sarkozy

POLITIQUE Le ministre de l'Education répondait à une question écrite d’un député socialiste...

M.P.

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Nicolas Sarkozy à Bruxelles pour le Conseil européen le 16 décembre 2010. 
Nicolas Sarkozy à Bruxelles pour le Conseil européen le 16 décembre 2010.  — AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

Etre ministre de l’Education est loin d’être une sinécure. Mais la fonction revêt parfois des missions inattendues, comme défendre «le mauvais français de Nicolas Sarkozy», révèle Mediapart (attention lien payant). Comme le rappelle le site d’informations, tout ministre est tenu de répondre par écrit à une question posée par écrit par un député. Or, le député socialiste François Loncle avait pris sa plume en février 2010 pour interroger Luc Chatel sur les «dispositions» qu’il comptait prendre pour «remédier sans délais» aux «fautes de langage» du chef de l’Etat.

Le ministre a donc répondu, dans une lettre, pour défendre le «niveau de français pratiqué par le président de la République», même «s’il est évidemment des questions plus importantes». Le ministre note tout d’abord que «d’autres responsables politiques, de tous bords, ont été avant critiqués pour de prétendues entorses à l'égard de l'orthodoxie de notre grammaire».

«Style amphigourique»

«L’expression orale prête le flanc à des critiques faciles», commence Luc Chatel, puisqu’elle est soumise « à de multiples contraintes» telles que «adaptations à l’interlocuteur et à des contextes souvent tendus, évolution fréquente et inattendue de la conversation». Et là, ajoute le ministre de l’Education, «vous reconnaitrez qu’en de nombreuses circonstances, le président montre de grandes qualités de rhétorique, telles que la force expressive, la conviction, l’à-propos, la répartie ou la puissance d’évocation».

Mieux, pour Luc Chatel, Nicolas Sarkozy ne parle pas mal mais «clair et vrai», «refusant un style amphigourique et les circonvolutions syntaxiques qui perdent l’auditeur et le citoyen». Donc «juger de son expression en puriste», c’est un «procès injuste» et «ignorer son sens de la proximité».        

Et vous, que pensez-vous de la façon de parler de Nicolas Sarkozy. Le trouvez-vous plus compréhensible que les précédents chefs d’Etat? Dites-le nous ci-dessous...