Avec 2011 s'ouvre une année essentielle pour le PS

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L'année 2011 sera déterminante pour le Parti socialiste, avec deux défis majeurs: réussir ses primaires, sa "révolution démocratique" pour désigner son candidat à la présidentielle, et tenter de ravir le Sénat à la droite.

"Le Parti socialiste devra successivement en 2011 gagner les élections cantonales, préparer son projet, lancer ses primaires, tenter de faire basculer le Sénat, choisir son candidat", résume sur son blog le député Pierre Moscovici.

Ces primaires ouvertes aux sympathisants socialistes, inédites en France, sont une "révolution démocratique", selon son artisan, Arnaud Montebourg, dont peut sortir "le meilleur, un débat de qualité" ou "le pire, une controverse violente laissant des traces indélébiles", pour M. Moscovici.

Le PS exhorte sur son site à s'inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre: "chaque voix compte pour changer la France".

Difficile de connaître les fruits de cette campagne, mais "ce qui remonte de plusieurs départements, dans l'électorat de gauche, les quartiers populaires, est vraiment une envie de changement et un message +ne recommencez pas vos divisions!+", dit Christophe Borgel, secrétaire national aux élections.

Malgré quelques pressions pour avancer le calendrier -fixé définitivement en janvier-, la désignation du champion devrait avoir lieu en octobre-novembre. Le dépôt des candidatures commence en juin, mais il y en a déjà pléthore.

Fin 2010, Ségolène Royal, présidente de Poitou-Charentes, ex-candidate à l'Elysée et Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire, ont franchi le Rubicon, rejoignant notamment le député-maire Manuel Valls. François Hollande, ex-numéro un du PS, "se prépare pour être le moment venu, candidat".

Mais les deux stars des sondages, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry taisent leurs intentions. Le patron du FMI est tenu par un devoir de réserve et la première secrétaire par son "pacte" avec celui-ci. Mme Aubry ne se présentera pas contre lui, et n'annoncera sa décision qu'en juin 2011.

Pour cette année "où on prépare la grande alternative", selon M. Borgel, la patronne du PS livrera sa feuille de route le 13 janvier lors des voeux à la presse puis aux secrétaires de section, les 29 et 30.

Premier défi: les cantonales (20 et 27 mars). "La gauche est extrêmement dominante dans 58 départements, détient 60% des quelque 1.980 cantons renouvelables. Il faut continuer à ancrer ces départements et on peut raisonnablement espérer en conquérir de nouveaux", résume Christophe Borgel.

Mais la grande bataille reste le Sénat, dont le basculement à gauche en septembre serait historique. Pour M. Borgel "c'est possible, mais pas joué". "Sur le papier, le mode d'élection est, malgré les conquêtes dans les élections locales, favorable à la majorité UMP, mais là encore l'ambiance chez les élus locaux peut jouer en notre faveur".

Autre défi, le projet pour 2012. Le PS a bouclé quatre conventions en 2010, du développement à l'égalité réelle. Deux Forums le complèteront, sur les institutions le 2 février, présidé par Manuel Valls et les biens publics (énergie, eau, électricité...) le 16 février. Martine Aubry pilotera la "convention du projet" en mai.

Peaufinant son image internationale, celle-ci prévoit une tournée en Afrique de l'ouest en février avec étape au Forum social mondial à Dakar où elle pourrait croiser Mme Royal.

Mais avant les affrontements, le recueillement. Le 8 janvier, les deux dames se retrouveront à Jarnac (Charente) sur la tombe du dernier des socialistes à avoir gagné l'élection suprême, François Mitterrand, disparu il y a 15 ans.