Otages français en Afghanistan accusés d'espionnage: de nombreux démentis

OTAGES Retenus par les Talibans depuis plus d'un an...

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Photographie des deux journalistes français, Stéphane Taponier (G) et Hervé Ghesquière (D), otages en Afghanistan depuis le 29 décembre 2009, diffusée par France 3 le 13 avril 2010.
Photographie des deux journalistes français, Stéphane Taponier (G) et Hervé Ghesquière (D), otages en Afghanistan depuis le 29 décembre 2009, diffusée par France 3 le 13 avril 2010. — REUTERS/Handout/France 3

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier «sont vraiment des journalistes»: les démentis se sont multipliés samedi en France suite aux déclarations d'un porte-parole taliban accusant les deux otages d'être des espions.

Dans une déclaration à l'AFP, ce porte-parole des talibans a affirmé qu'ils avaient été capturés pour deux raisons: «premièrement, ils ne nous ont pas contactés (...) et s'étaient rendus dans la zone sans notre permission. Deuxièmement, il étaient en train de récolter des informations qui tenaient du renseignement».

«Accusation d'espionnage absurde»

Le Quai d'Orsay a «catégoriquement» démenti cette «accusation d'espionnage absurde». Le comité de soutien aux deux otages a également opposé un démenti très appuyé aux accusations, les jugeant «intolérables, totalement déplacées et infondées».

«Nous affirmons haut et clair que nos amis sont vraiment des journalistes», a déclaré à l'AFP Patricia Philibert, porte-parole du comité de soutien. «Des journalistes posent toujours des questions dérangeantes, c'est là qu'on voit que ce sont de bons journalistes», a-t-elle ajouté.

«Ils ne risquaient donc pas de vouloir les espionner»

France Télévisions a également rejeté «avec la plus grande vigueur» les accusations d'espionnage, les jugeant «infondées et ridicules». «Hervé et Stéphane, deux journalistes aguerris, ont à leur actif de nombreuses années de reportages en France et à l'étranger», a souligné France Télévisions dans un communiqué.

La direction du groupe a précisé que les deux journalistes, au moment de leur enlèvement, «recueillaient des témoignages de civils afghans en vue de compléter leur tournage et ne cherchaient pas à entrer en contact avec les talibans». «Ils ne risquaient donc pas de vouloir les espionner», a ajouté sur RTL Thierry Thuillier, directeur général adjoint en charge des rédactions. Les talibans ont accusé aussi le gouvernement français d'être «irresponsable» et de ne pas avoir prêté «beaucoup d'attention» à leurs exigences pourtant «très simples et très faciles à remplir» et présentées «il y a déjà un an».