Un cadre de l'UMP de Hte-Garonne en examen pour vol et piratage informatique

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Un cadre de l'UMP Haute-Garonne a été mis en examen pour le vol de la carte bancaire d'un ancien dirigeant et pour le piratage, lors de la récente guerre interne à l'UMP 31, de l'ordinateur de l'ex-présidente Christine de Veyrac, a-t-on appris de source judiciaire vendredi. Le procureur-adjoint de Toulouse Jean-Michel Pelletier a confirmé une information du quotidien régional La Dépêche du Midi indiquant qu'un suspect «issu des rangs de l'UMP 31 (...) a été mis en examen vendredi dernier à l'issue de 48 heures de garde à vue».

De source judiciaire, on indique que l'homme, «un jeune trentenaire», est actuellement «contractuel au conseil régional», auprès du groupe UMP dirigé par Brigitte Barèges. Il était «responsable des jeunes» depuis deux ans dans le département, et s'était éloigné de Mme de Veyrac pour se rapprocher de Mme Barèges au moment des élections régionales en mars 201O, selon une autre source proche du dossier.

Délinquance financière et espionnage politique

La double affaire a une composante de pure délinquance financière - l'homme est soupçonné d'avoir effectué pour plusieurs milliers d'euros d'achat en 2009 avec la carte bancaire de l'ancien secrétaire départemental Christian Raynal - mais surtout un volet espionnage politique, détonant dans une fédération départementale où les dirigeants se déchirent depuis des mois.

Les élections internes ont été repoussées à plusieurs reprises, sur fond de contestations de la liste électorale et la présidente sortante, la députée européenne Christine de Veyrac a porté plainte en novembre contre une intrusion dans son ordinateur destinée à espionner sa campagne. Au début décembre, c'est la mouvance de l'ancien maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, soutenue notamment par la députée-maire de Montauban Brigitte Barèges, qui l'a emporté face à Mme de Veyrac et il a été élu président à la mi-décembre avec 65% des voix face à un jeune partisan de cette dernière.

L'homme, mis en examen la semaine passée pour «vol et escroquerie, violation du secret des correspondances, accès frauduleux à un système informatisé de données», a été remis en liberté sous contrôle judicaire, avec «interdiction de rencontrer les personnes concernées» a-t-on précisé de source judiciaire, ce qui devrait l'empêcher notamment de travailler au conseil régional auprès du groupe de Mme Barèges.