Prières de rue: Marine Le Pen dénonce un "coup" pour limiter son ascension

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La vice-présidente du FN, Marine Le Pen, a affirmé vendredi soir que ses propos sur les prières de musulmans dans la rue étaient "anodins", voyant dans la polémique qui a suivi une "opération" du PS et de l'UMP pour limiter son "ascension".

"Cette sortie est totalement anodine, les propos que j'ai tenus sont des propos anodins. Il ne reflètent qu'une réalité physique et juridique", a déclaré Mme Le Pen à des journalistes avant un meeting à Lille dans le cadre la campagne interne pour la désignation du successeur de Jean-Marie Le Pen à la tête du parti.

Selon Mme Le Pen, les vives réactions suscitées par ses propos tenus il y a une semaine à Lyon sont "une indignation artificielle qui a été organisée par la classe politique, qui a pensé avoir trouvé un +coup+ pour barrer la route à Marine Le Pen dans les sondages parce qu'elle commence à devenir pour eux un danger électoral".

Le journaliste "Jean-François Kahn a expliqué de manière très claire (...) qu'il y avait eu une manoeuvre de la part de l'Elysée qui s'était réuni pour tenter de trouver une phrase, la plus anodine possible, pour créer de manière artificielle un +coup+ pour remettre en place la diabolisation du Front national", a-t-elle poursuivi.

"Certains journalistes" sont, selon elle, "tombés dans le piège monté par Nicolas Sarkozy" et le "regrettent parce qu'ils se sont aperçus que l'UMP et le PS ont monté cette +opé+, cette opération, uniquement pour tenter de limiter l'ascension dans l'opinion de Marine Le Pen".

"Je crois que c'est la classe politique qui a dérapé, c'est pas moi. Moi j'ai mis le doigt sur un vrai sujet, sur un problème très grave qui est la perte de souveraineté nationale sur un certain nombre de territoires", a-t-elle ajouté.

Favorite face à son rival Bruno Gollnisch pour succéder à son père à la tête du FN, Marine Le Pen avait établi un parallèle avec l'Occupation pour dénoncer les "prières de rue".

"Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça, c'est une occupation du territoire", sans "blindés" ni "soldats", mais "une occupation tout de même", avait-elle dit.