Militante basque: un conseiller général UMP dénonce une "extradition"

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Max Brisson, conseiller général UMP des Pyrénées-Atlantiques, s'est élevé vendredi contre "l'extradition pour ses opinions politiques" de la militante basque française Aurore Martin, visée par un mandat d'arrêt européen.

La Cour de cassation a rejeté jeudi le pourvoi formé par la militante française du parti indépendantiste basque Batasuna après la validation du mandat d'arrêt par la Cour d'appel de Pau le 23 novembre.

"Je n'accepte pas que son parti, Batasuna, ne condamne pas sans réserve la violence et le terrorisme", assure M. Brisson dans une "déclaration" au conseil général, "mais je n'accepte pas davantage qu'une jeune française soit extradée pour ses convictions politiques et son appartenance à un parti qui n'est pas interdit en France".

"Au Pays basque l'émotion est grande", observe Max Brisson, élu de Biarritz-ouest et président de l'Office Public de la Langue Basque (OPLB), estimant que "le délit d'opinion n'existe pas en France" et que "la France doit protéger tous ses concitoyens, même ceux qui développent des idées radicales, pour peu qu'ils les expriment dans le cadre de l'état de droit".

M. Brisson précise que sa déclaration au conseil général est faite "à titre personel" etsouhaite que "l'assemblée dise qu'elle ne veut pas que l'une de ses concitoyennes soit extradée vers un pays étranger, fût-il voisin, ami et démocratique".

Une liste d'élus "qui soutiennent Aurore Martin" a été distribuée lors de diverses manifestation de soutien. Elle compte 175 noms, parmi lesquels ceux du député (Modem) Jean Lassalle des Pyrénées-Atlantiques, du sénateur-maire (Modem) de Biarritz Didier Borotra, du député européen José Bové et d'une liste de conseillers généraux, maires et de conseillers municipaux du Pays basque.

Des textes de soutien ont par ailleurs été publiés par Batasuna, par les partis autonomistes Abertzaleen Batasuna (AB) et Eusko Alkartasuna (EA), le mouvement de jeunesse indépendantiste Segi, Europe-Ecologie Aquitaine, le Nouveau Parti anti-capitaliste (NPA) le PCF et le PS local qui a "déploré" la procédure en cours.