Grau-du-Roi: Prison avec sursis pour deux élus pour un lâcher de taureaux mortel

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Deux élus du Grau-du-Roi (Gard), reconnus coupables lundi d'homicide involontaire après la mort, en 2006, d'un homme de 77 ans percuté par un animal lors d'un lâcher de taureaux, ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nîmes.

Le tribunal a en outre condamné le premier, Enry Bernard-Bertrand, à une amende de 3.000 euros et le second, Jean Spalma, à une amende de 3.000 euros dont 2.000 euros avec sursis.

Les deux élus, appartenant à l'actuelle majorité municipale UMP, co-présidents du comité des fêtes du Grau du Roi, sont condamnés solidairement à verser aux membres de la famille de la victime une somme globale de 92.000 euros au titre du préjudice moral.

En septembre 2006, au cours d'un lâcher de taureaux, un des animaux avait échappé aux manadiers et avait percuté un piéton sur le trottoir. Giovanni Tempesta était décédé quelques heures plus tard des suites de ses blessures.

L'accident s'était produit alors que le taureau s'était engagé entre une file de voitures en stationnement et l'immeuble où résidait la victime.

Selon l'accusation et les membres de la famille du vieil homme, ces véhicules auraient dû être enlevés par les organisateurs, conformément à un arrêté municipal en interdisant le stationnement.

L'avocat des élus, Me Jean-Marc Gros, avait quant à lui demandé leur relaxe, évoquant un "risque inhérent à la manifestation taurine".

MM. Bernard-Bertrand et Spalma ont annoncé leur intention de faire appel de leur condamnation. «C'est un jugement scandaleux», a estimé le premier auprès d'un correspondant de l'AFP. «Si on avait estimé qu'il y avait un danger quelconque, on n'aurait jamais fait débuter la bandide».

Pour M. Spalma, «on ne peut pas en rester là. On n'a tué personne. L'avenir des traditions taurines est à présent très menacé».

Etienne Mourrut, le député-maire UMP du Grau du Roi, s'est pour sa part déclaré «écoeuré de voir deux élus bénévoles ainsi mis au banc des accusés. C'est évidemment une affaire de fric et c'est tout ce que font les élus locaux qui s'investissent pour toutes sortes de manifestations qui est aujourd'hui menacé. On ne peut pas continuer à voir la justice s'en prendre ainsi aux élus», a-t-il dit.