Vaillant (PS) juge "choquant" que des musulmans soient contraints de prier dans la rue

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Le maire socialiste du XVIIIe arrondissement de Paris, Daniel Vaillant, a jugé "choquant" que des musulmans soient obligés de prier dans la rue, assurant qu'il sera "hors de question" que cette pratique perdure à l'ouverture de deux nouveaux lieux de culte dans son arrondissement.

"Il y a dans le XVIIIe, et notamment dans le quartier de la Goutte d'Or, une présence assez nombreuse de femmes et d'hommes fidèles musulmans qui veulent prier et que ni la mosquée privée de la rue Myrha, ni la mosquée actuelle de la rue Polonceau ne peuvent accueillir dignement. Voilà pourquoi les gens prient dans la rue, ce qui est tout à fait choquant !", a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur sur France Inter.

"Je suis un vrai laïc, tolérant vis-à-vis des religions - j'ai été ministre des Cultes - mais je considère que l'espace public doit rester un espace au service du public", a-t-il expliqué. Mais "tant qu'on n'a pas la capacité pour le culte musulman d'avoir des lieux de prière dignes, où les gens prieront à l'intérieur, eh bien ! on n'aura rien fait du tout".

"Heureusement, avec Bertrand Delanoë, on est en train de construire deux lieux : un à l'angle de la rue Doudeauville et Stephenson, un à l'angle de la rue Polonceau et de la rue des Poissonniers", a-t-il indiqué. Il a précisé que "ces deux lieux vont être construits sous l'égide de l'Institut des cultures d'islam, qui est une association 1901 et qui va revendre à une association privée cultuelle loi 1905 les mètres carrés nécessaires".

"Construire deux immeubles avec toutes les procédures (...), ça prend du temps", a-t-il fait valoir, jugeant nécessaire "en gros deux ans travaux".

"Je n'ai pas voulu demander au préfet de police dont c'est la responsabilité d'interdire aux musulmans" de prier dans la rue "parce que c'était le risque d'échauffourées", a-t-il dit. "Je préfère une solution transitoire insatisfaisante" mais "après, bien évidemment ! quand les deux lieux de culte seront construits et livrés, il est hors de question que la prière dans la rue puisse continuer", a-t-il conclu.