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JUSTICE

Policiers condamnés à Bobigny: Fillon désavoue Hortefeux et accable les policiers

Les policiers ont commis des «faits injustifiables», a-t-il dit...

François Fillon siffle la fin de la récré. Les sept policiers condamnés par un tribunal de Bobigny à de la prison ferm  ont commis des «faits injustifiables», a estimé ce lundi le Premier ministre, en ajoutant que «l'honneur de la police» exigeait «un comportement exemplaire», lors d'un discours devant les préfets.

Le Premier ministre a également appelé «chacun à la raison, à la modération et au sens des responsabilités», après la condamnation de ces sept policiers de Seine-Saint-Denis qui a donné lieu à un affrontement verbal entre policiers et magistrats ainsi qu'à un désaccord public entre les ministres de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et de la Justice, Michel Mercier.

«Passé l'émotion, je ne puis admettre que magistrats et policiers donnent le sentiment de se dresser les uns contre les autres», a déclaré François Fillon lors d'une réunion à huis clos des préfets, selon le texte de son discours transmis à l'AFP.

Fillon défend «l'honneur de la police»

Le chef du gouvernement a surtout eu des mots cinglants contre les sept policiers, en affirmant qu'ils avaient «été condamnés pour des faits injustifiables» et que «l'honneur de la police» exigeait «un comportement exemplaire».

«Le respect dû à la justice est un des fondements de l'Etat, la justice ayant elle-même le devoir d'assurer la cohérence de la chaîne pénale tout entière», a insisté François Fillon.

«Qui profite de cet affaiblissement de l'Etat? Certainement pas les magistrats, certainement pas les policiers et encore moins les citoyens; les seuls bénéficiaires sont les criminels et les délinquants!» , a-t-il relevé.

Mensonge

Vendredi, sept policiers ont été condamnés par un tribunal de Bobigny à des peines de 6 mois à 1 an de prison ferme pour avoir faussement accusé un automobiliste d'avoir renversé l'un d'eux, alors qu'il avait en fait été percuté par une voiture de police.

Ce jugement a provoqué la colère de leurs collègues et relancé les tensions entre policiers et magistrats.