Karachi: Les rétrocommissions auraient financé une partie de la campagne d'Edouard Balladur

AFFAIRE C'est ce qu'a affirmé il y a un an un contrôleur général des armées...

C.C. avec Reuters

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Comme l'a précisé Edouard Balladur devant la presse, ce nouveau "round" de concertation impliquera étroitement le gouvernement, le Parlement et "l'ensemble des forces politiques". Objectif: déposer "une sorte de loi d'orientation" à la session d'automne.
Comme l'a précisé Edouard Balladur devant la presse, ce nouveau "round" de concertation impliquera étroitement le gouvernement, le Parlement et "l'ensemble des forces politiques". Objectif: déposer "une sorte de loi d'orientation" à la session d'automne. — Jacques Brinon AFP

Le contrôleur général des armées, Jean-Louis Porchier, a confirmé devant une mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi en décembre 2009 avoir appris l'existence de rétrocommissions dans un contrat d'armement avec le Pakistan, ont révélé ce vendredi Le Monde et Médiapart.

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Lors de son audition à l'Assemblée, Jean-Louis Porchier, qui a lui-même enquêté sur le contrat Agosta de 1994, a mentionné ses contacts avec Michel Ferrier, ancien membre du Secrétariat général de la défense nationale (SGDN), selon le quotidien.

Une part pour Balladur, une part pour Léotard

«Michel Ferrier m'a dit: ce contrat ne sert à rien. Ce contrat permet le recyclage d'argent pas très net du côté du Pakistan et du côté français, il permet de verser des rétrocommissions», a expliqué Jean-Louis Porchier à la mission parlementaire. «Sur ces 10%, il y en avait une partie pour la campagne électorale d’Edouard Balladur et une autre pour François Léotard», lui aurait confié Michel Ferrier, qui s'occupait des transferts sensibles au SGDN.

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Entendu à son tour par les députés, Michel Ferrier a précisé que Jean-Louis Porchier avait «mis à l'indicatif des propos sans doute tenus au conditionnel», tempère Le Monde. «L'absence de certitude ne signifie pas que la corruption était absente du contrat», a-t-il cependant ajouté devant la mission parlementaire. A l'époque, Edouard Balladur était Premier ministre, François Léotard ministre de la Défense et Nicolas Sarkozy ministre du Budget.