Merkel et Sarkozy à Fribourg pour un conseil des ministres centré sur l'économie

© 2010 AFP

— 

En pleins remous de la zone euro, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont retrouvés vendredi à Fribourg pour un Conseil des ministres franco-allemand qui doit leur permettre de peaufiner leur unité une semaine avant un sommet européen crucial à Bruxelles.

Après une visite de la cathédrale de cette ville du sud-ouest de l'Allemagne, la chancelière et le président examinaient en tête-à-tête l'ordre du jour du prochain Conseil européen, lors duquel les 27 devraient décider de créer un fonds de soutien permanent en cas de crise. Une conférence de presse était prévue à 12H00 GMT.

Ebauché en octobre à Deauville par M. Sarkozy et Mme Merkel, ce mécanisme, qui doit être créé en 2013 à la faveur d'une révision du traité de Lisbonne, a été adopté par les 16 pays de la zone euro il y a deux semaines pour tenter de rassurer les marchés financiers, inquiets des risques de contagion de la crise de la dette irlandaise à l'Espagne ou au Portugal.

A la veille du rendez-vous de Fribourg, le couple Paris-Berlin a tenu à afficher sa parfaite identité de vues sur ce dossier, qui continue à alimenter un vif débat en Europe sur le meilleur moyen d'apaiser les marchés.

Très discrète depuis plusieurs semaines, la France s'est ralliée à l'Allemagne en écartant, comme elle, l'éventualité d'émettre des emprunts obligataires européens ou d'augmenter le montant des réserves du fonds d'urgence de soutien financier aux pays en difficulté.

Jeudi, l'Elysée a ainsi jugé qu'il n'y avait "pas lieu" d'envisager des euro-obligations et estimé que la taille actuelle du fonds lui permettait "de faire face aux éventuelles demandes".

Ces deux questions ont suscité ces derniers jours de vives passes d'armes. Proposée par le chef de file des ministres des Finances de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, l'émission d'euro-obligations s'est attirée une sèche fin de non recevoir de la chancelière Merkel, aussitôt qualifiée d'attitude "anti-européenne" par le Premier ministre luxembourgeois.

Même tardif, le soutien de la France était attendu sur l'autre rive du Rhin, où les difficultés de l'euro ont relancé le débat sur ses bénéfices pour l'économie allemande. Jeudi, le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung regrettait l'absence "d'impulsions" de Nicolas Sarkozy et s'inquiétait des silences inhabituels du président du G20.

"Ce conseil intervient à un moment extrêmement important", a estimé le ministre français des Affaires européennes Laurent Wauquiez dans un entretien au quotidien Les Echos, "l'Europe fait face à de grands défis, et les observateurs étrangers nous regardent et testent la capacité du couple franco-allemand à réagir".

"Mais depuis un an, sur tous les sujets majeurs que la crise a suscités, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont été capables, à chaque fois, de dégager des positions communes", a-t-il poursuivi.

Outre la situation financière de la zone euro, les deux poids lourds de l'UE doivent faire montre de la même unité sur la question sensible du futur budget de l'UE, toujours en suspens. "Nous sommes d'accord sur l'idée qu'il ne faut pas forcément dépenser plus, mais dépenser mieux", dit-on à Paris.

Même si les rapports d'experts commandés dans les deux capitales ne sont pas attendus avant le début de l'année prochaine, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel doivent aussi évoquer la convergence fiscale entre leurs deux pays, bien que la question ne soit discutée qu'en France.

Enfin, les deux dirigeants reviendront sur les priorités des présidences françaises du G8 et du G20, auxquelles Paris a promis "d'associer étroitement" son partenaire allemand.