Obsèques de l'ancien député Jacques Lafleur à Nouméa

© 2010 AFP

— 

Les obsèques de l'ancien député de Nouvelle-Calédonie, Jacques Lafleur, ont eu lieu vendredi matin à Nouméa où la ministre de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard a lu un message de Nicolas Sarkozy.

La cérémonie, célébrée par le pasteur Kaémo, s'est tenue dans le hall d'un hôtel rénové, le Château Royal, qui n'a pas encore ouvert ses portes, et qui appartient à la famille Lafleur, au bord d'une plage de Nouméa.

Tous bords politiques confondus, les dirigeants de l'archipel y ont assisté, ainsi que de nombreux anonymes. Le président du gouvernement de Polynésie française, Gaston Tong Sang était également présent.

Accompagnée de Marc Laffineur, premier vice-président de l'Assemblée Nationale, Marie-Luce Penchard est arrivée à Nouméa jeudi pour rendre hommage à M. Lafleur, mort samedi d'une crise cardiaque à 78 ans, et figure emblématique du Caillou pendant près de trente ans, jusqu'en 2004.

Lisant un message du président de la République, Nicolas Sarkozy, Mme Penchard a salué un "homme de passion, de partage et de dialogue".

"Je connaissais bien Jacques Lafleur, j'ai siégé pendant des années à ses côtés à l'Assemblée nationale. Il était un parlementaire respecté, un homme politique avisé et un défenseur passionné de la Calédonie dans la France", a indiqué dans son message M. Sarkozy. "Il est là l'héritage de Jacques Lafleur : la défense de la Nouvelle-Calédonie dans la France ne se renforce pas par l'intransigeance, les opositions ou le refus de donner et de pardonner", a également indiqué le chef de l'Etat.

Député RPR puis UMP de 1978 à 2007, Jacques Lafleur était le leader incontesté des anti-indépendantistes d'origine européenne durant les violences, qui les ont opposés aux indépendantistes kanak dans les années 1980.

Après la tragédie de la grotte d'Ouvéa, qui fit 21 morts, il avait signé le 26 juin 1988 avec le leader Kanak, Jean-Marie Tjibaou, les accords de Matignon, sous l'égide du Premier ministre d'alors, Michel Rocard. Ces accords avaient permis de ramener la paix dans l'archipel.

Il a également signé dix ans plus tard en 1998, l'accord de Nouméa, qui a prolongé cette paix, au travers d'un processus de décolonisation progressive.