Borloo a retrouvé sa «liberté de parole» lors du «dîner de la République»

POLITIQUE De nombreuses personnalités politiques et de la société civile étaient réunies à Paris...

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Jean-Louis Borloo (G) participe  avec le président du Sénat Gérard Larcher (D) à un «dîner de la République» le 9 décembre 2010 à Paris.
Jean-Louis Borloo (G) participe avec le président du Sénat Gérard Larcher (D) à un «dîner de la République» le 9 décembre 2010 à Paris. — AFP PHOTO BERTRAND LANGLOIS

Trois semaines après son départ du gouvernement et juste après une intervention au JT de France 2, Jean-Louis Borloo est sorti de son silence jeudi, lors d'un «dîner de la République» réunissant de nombreuses personnalités politiques et de la société civile, et a promis d'utiliser «pleinement» sa «liberté de parole».

Après son échec dans la course pour Matignon face à François Fillon, le président du Parti radical (associé à l'UMP), cité comme candidat potentiel à la présidentielle, a «fait le choix sans amertume de renoncer aux responsabilités ministérielles», a-t-il dit.

«J'ai retrouvé mon indépendance, ma liberté de pensée et de parole. Je les utiliserai pleinement», a promis l'ex numéro deux du gouvernement qui retrouvera son siège de député au sein du groupe UMP, mardi.

Fillon dans le viseur

Après ce revers personnel, Jean-Louis Borloo n'a pu s'empêcher au cours d'un long plaidoyer pour une «refondation du pacte républicain», de viser les «conservateurs qui ont l'air raisonnable, sérieux, bien coiffé», une claire allusion au Premier ministre, très applaudie par quelque centaines de convives.

«Mais en réalité, ce sont eux qui ne sont pas raisonnables. Ce sont eux qui ne sont pas professionnels, car un professionnel s'adapte toujours au progès et au mouvement», a-t-il encore asséné à l'intention du chef du gouvernement.

Et de pointer ensuite les dysfonctionnements de la République: «Est-ce encore la République quand on a les écoles de riches et les écoles de pauvres? Est-ce encore la République quand il y a tant d'écart entre les communes pauvres et les communes riches?».

La laïcité défendue

«Est-ce encore la République quand on laisse la ficalité aux seuls techniciens?», a dit l'ex-numéro deux du gouvernement qui plaidait récemment pour un «Grenelle de la fiscalité».

Le président du plus vieux parti de France a aussi ardemment défendu la laïcité, en ce jour anniversaire de la loi de «séparation des Eglises et de l'Etat» initiée par les radicaux. La loi de 1905 fut selon lui «tout sauf une loi de rupture et de rejet», «une grande loi de réconciliation» entre «une France ouverte et une France repliée».

«Je ne me résous pas au risque de déclassement de la République», a-t-il ajouté, disant vouloir «travailler à rassembler, sur des projets, tous les républicains, tous les progressistes».

Charles Beigbeder et Rama Yade parmi les convives

L'ex-maire de Valenciennes a engagé des discussions avec ses amis centristes de la majorité dans la perspective de la présidentielle de 2012, mais se refuse pour l'heure à évoquer son éventuelle candidature. «Je ne revendique rien pour moi, j'ai simplement décidé, un nouvelle fois de m'engager dans le combat républicain, pour le progrès, la justice, l'égalité, la fraternité», a-t-il dit jeudi soir en évoquant son passé d'élu de terrain à Valenciennes.

Le chef de file des radicaux, qui dit avoir eu l'idée de ce «dîner de la République» plusieurs mois avant le remaniement, veut en faire un rendez-vous annuel ouvert à «toutes les confessions, toutes les obédiences», aux élus, ministres ou anciens ministres de tous bords, aux syndicats, au patronat, et au monde associatif.

Parmi les nombreux convives figuraient Laurence Parisot, Charles Beigbeder, Jean-Pierre Chevènement, Bernard Tapie, Malek Boutih, Jean-Michel Baylet, Xavier Bertrand, Gérard Larcher, Rama Yade, et deux proches de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino et Alain Bauer.