Quand Bruno Gollnisch se prend pour Martin Luther King

POLITIQUE Il rêve notamment de nommer Chevènement ministre de la Défense et Marine Le Pen ministre de l'Intérieur...

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Bruno Gollnisch a déclaré mardi à Metz ne pas savoir "en quoi consiste le +nouveau+ Front national (FN) dont tente d'accoucher Marine Le Pen", sa concurrente à la présidence du mouvement frontiste.
Bruno Gollnisch a déclaré mardi à Metz ne pas savoir "en quoi consiste le +nouveau+ Front national (FN) dont tente d'accoucher Marine Le Pen", sa concurrente à la présidence du mouvement frontiste. — Frank Perry afp.com

Tous les coups sont permis dans la course à la succession de Jean-Marie Le Pen. Le candidat à la présidence du Front national, Bruno Gollnisch, a plagié mardi soir le discours de Martin Luther King et son célèbre «I have a dream» pour s'imaginer au pouvoir, mais aussi pour répondre aux critiques de sa rivale Marine Le Pen, devant des centaines de sympathisants à Paris.

«Cette nuit (...) j'ai fait un rêve. I have a dream. J'ai rêvé que le Front national avait gagné les élections. Toutes les élections», a lancé le vice-président du FN, dans une discothèque du XVe arrondissement, le Back-Up, où Marine Le Pen était déjà passée en novembre dans le cadre de sa campagne pour succéder à son père.

Les «pimpants villages»

Devant une assistance âgée, Bruno Gollnisch a imaginé que «les conservateurs attachés aux valeurs traditionnelles», les partisans de Philippe de Villiers et de Jean-Pierre Chevènement - nommé ministre de la Défense, «au nom de l'ouverture» - puis des «blocs» de l'UMP s'étaient agrégés à son parti.

«La France était de retour: quantité d'endroits, tels que Clichy-sous-Bois, Villiers-le-Bel, Vaulx-en-Velin... étaient redevenus de pimpants villages» et «beaucoup d'étrangers en étaient repartis (...) le plus grand nombre spontanément dès l'annonce des mesures de préférence nationale» chères au FN, a-t-il ironisé.

Délinquants étrangers renvoyés dans leurs pays par «transports militaires», code du travail «divisé par 5» et code des impôts «par 10», retrait de l'Otan et des troupes françaises d'Afghanistan faisaient aussi partie du «rêve» de Bruno Gollnisch. Un «rêve» où Jean-Marie Le Pen devenait président du Conseil constitutionnel, et sa fille Marine Le Pen «ministre de l'Intérieur et porte-parole du gouvernement».

«Groupuscules»

«Pour que ce rêve demeure possible, il faut d'abord que le Front national accueille en son sein la famille nationale toute entière», a lancé Bruno Gollnisch, répondant à Marine Le Pen qui critique sa stratégie de rassemblement de «groupuscules» d'extrême droite.

Revenant sur les propos de sa rivale, qui s'est déclarée opposée au retour au FN de ces groupuscules en évoquant les «catholiques intégristes, les pétainistes et les obsédés de la Shoah», Bruno Gollnisch a répondu: «j'espère tout de même que dans la foulée on n'ira pas jusqu'à stigmatiser les militants de l'anticommunisme ou les défenseurs de l'Algérie française».

Contre la dédiabolisation du FN

Dans la salle se trouvait notamment Pierre Sidos, figure de l'extrême droite radicale et leader de l'Oeuvre française, l'une des formations régulièrement visées par Marine Le Pen. «Je ne crois pas, je vous le dit tout net, à cette fameuse stratégie de dédiabolisation» prêtée à Marine Le Pen, «dont je discerne mal les contours» a aussi déclaré Bruno Gollnisch, en estimant que «la dédiabolisation avance toute seule et résulte» du soutien croissant des électeurs.

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