Nogent-sur-Marne: la mendicité interdite par la mairie après l'ouverture d'un lieu d'accueil de SDF

POLEMIQUE Cette ouverture «est susceptible d'accroître le nombre de personnes sans domicile fixe», «la mendicité ainsi que les conduites addictives» en ville selon le maire...

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Un SDF mendie, le 4 décembre 2009.
Un SDF mendie, le 4 décembre 2009. — AFP PHOTO / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Le maire UMP de Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, a interdit la mendicité à plusieurs endroits de la ville. La raison? Le risque d'«affluence» de SDF après l'ouverture d'un centre d'hébergement dans une commune voisine, selon un arrêté municipal consulté ce mardi par l'AFP.

Pour la cinquième année consécutive, l'Armée du Salut a ouvert jusqu'à la fin de l'hiver un centre d'hébergement de 160 places pour les sans-abri au Fort de Nogent, à Fontenay-sous-Bois. Cette mesure «est susceptible d’accroître le nombre de personnes sans domicile fixe», «la mendicité ainsi que les conduites addictives» dans le centre-ville et aux abords des gares RER de Nogent-sur-Marne, explique le maire Jean-Pierre Martin dans un arrêté pris fin octobre.

Un arrêté qui «manque de fraternité en période de grand froid»

L'édile a donc décidé d'interdire la mendicité «lorsqu’elle est de nature à entraver la libre circulation des personnes, ou de porter atteinte au bon ordre ou à la tranquillité publique» dans plusieurs endroits de la commune, du lundi au samedi, de 8h à 17h, jusqu'au 30 avril. Cet arrêté a fait bondir les élus locaux d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) qui condamnent «ce manque de fraternité en période de grand froid».

«Permettre à tous les Nogentais de ne pas voir la misère qui gagne notre pays afin qu'ils puissent dépenser davantage en cadeaux à placer dans la hotte du père Noël: quelle merveilleuse preuve d'esprit chrétien», écrivent-ils dans un communiqué. «Une tempête dans un verre d'eau», répond à l'AFP le maire de Nogent, qui prend des arrêtés similaires depuis 2007.

«Nous étions dans une situation qui pouvait troubler le bon ordre public à la suite de certains incidents, de racolage, de mendicité avec une certaine sollicitation», a-t-il expliqué. «Ma première solidarité va vers les habitants de ma ville qui veulent se déplacer en toute tranquillité et des commerçants qui ont à subir une mendicité particulièrement pressante», a précisé Jean-Pierre Martin, ajoutant que cela ne «l'empêchait pas» d'être solidaire des sans-abri. A sa connaissance, l'arrêté n'a fait l'objet d'aucun recours administratif.