Reçu par Laurence Parisot, Bernard Thibault dit ne pas avoir reçu «de réponse à la hauteur»

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Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a affirmé vendredi, après un entretien de deux heures avec la présidente du Medef, Laurence Parisot, n'avoir pas reçu «de réponse à la hauteur de l'exaspération» des salariés.

«Aujourd'hui, il n'y a pas de réponse à la hauteur de l'exaspération, du mécontentement social qui existent dans les entreprises», a déclaré à la presse Bernard Thibault à sa sortie du Medef, car «il n'y a pas d'engagement précis, ferme, à engager quelle que discussion que ce soit».

La délégation CGT, a-t-il dit, s'est fait «fort de montrer en quoi le mouvement de ces derniers mois mais aussi (...) l'ampleur des manifestations de 2009 liées aux conséquences de la crise sur le plan social, avaient contribué au climat social de ces derniers mois».

Le risque d’une «multiplication des conflits dans les entreprises»

Il a reproché au Medef d'avoir «évacué» des discussions avec les syndicats la question d' «un autre partage des richesses», et estimé qu' «il serait temps de se repencher» sur les sujets du «chômage, de l'emploi, la précarité, la détérioration de la situation au travail» des salariés.

Bernard Thibault a déclaré avoir «prévenu le Medef que, s'il n'y avait pas d'autre réponse que celle contenue dans la loi [sur les retraites] à propos de la pénibilité des métiers, il allait y avoir une multiplication des conflits dans les entreprises». «Il est hors de question de faire travailler plus longtemps des salariés usés», pour lesquels doit prévaloir «le principe de départs anticipés», a-t-il dit.

Le numéro un de la CGT s'est dit hostile à une discussion séparée entre syndicats et patronat sur l'emploi des jeunes, qui a les faveurs de nombreux partenaires sociaux. «Il est hors de question de mettre le doigt dans un nouveau type de législation pour favoriser soi-disant l'emploi des jeunes», a-t-il dit.

«Un agenda social» du Medef d’ici 10 jours

Bernard Thibault a aussi soulevé la question de la représentativité des organisations patronales, prudemment remise sur le tapis par le Premier ministre, François Fillon, devant les députés, et qui «mérite d'être traitée de plus en plus». Il a déploré de ne pas avoir entendu «d'opinion très précise du Medef» sur ce point.

Pour sa part, Laurence Parisot a déclaré avoir «besoin de réflexion pour évaluer la possibilité qu'il y a, ou non, d'engager une série de délibérations sociales ou de négociations».

La présidente du Medef s'est donnée «une semaine de réflexion», ajoutant: «au plus tard dans dix jours, je formulerai des propositions d'agenda social aux organisations syndicales». «Nous sommes prudents. Nous ne ferons pas de proposition si nous considérons qu'un objectif sérieux, utile à l'économie (...) n'est pas atteignable», a affirmé Laurence Parisot, une façon de dire que la situation économique limite l'ampleur du dialogue possible. Elle a qualifié la réunion avec la CGT d' «échange large, très ouvert, très direct, très franc, très respectueux».

La rencontre avec Bernard Thibault, dernier des dirigeants syndicaux à être reçu par Laurence Parisot, visait à établir un calendrier de discussions propre aux deux parties, en dehors du champ d'intervention gouvernemental.