Karachi: Nicolas Sarkozy aurait été réticent à la vente de sous-marins au Pakistan

AFFAIRE D'autres éléments permettraient d'écarter son implication dans le dossier...

Corentin Chauvel

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Nicolas Sarkozy s'est livré mardi devant les maires de France à un long plaidoyer pour ses réformes, notamment celle des collectivités territoriales qui a suscité les inquiétudes de nombre d'entre eux, et il a justifié l'austérité budgétaire qu'il leur a imposée.
Nicolas Sarkozy s'est livré mardi devant les maires de France à un long plaidoyer pour ses réformes, notamment celle des collectivités territoriales qui a suscité les inquiétudes de nombre d'entre eux, et il a justifié l'austérité budgétaire qu'il leur a imposée. — Bertrand Guay afp.com

Nicolas Sarkozy dédouané? Des documents révélés par Le Figaro ce mercredi démontrent que le chef de l’Etat était hostile à la vente de sous-marins au Pakistan lorsqu’il était ministre du Budget en 1994. C’est cette vente qui avait donné lieu aux possibles rétrocommissions qui sont au cœur de l’affaire de l’attentat de Karachi. 

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Le 29 juin 1994, une réunion ministérielle a eu lieu entre le ministère de la Défense et celui du Budget. «Sur un plan technique, la Direction du budget a toujours été opposée au contrat de vente de sous-marins au Pakistan. Nous étions en effet inquiets de la situation financière de ce pays», indique alors une fonctionnaire de Bercy dans le rapport de la mission d'information parlementaire. «Outre le risque financier, le contrat semblait également comporter un important risque industriel», note la mission, citée par Le Figaro.

La société Heine, seule zone d’ombre

Cependant, des zones d’ombre règnent toujours sur le rôle du chef de l’Etat. Un rapport de la police luxembourgeoise datant de 2010 cite en effet, «au conditionnel», Nicolas Sarkozy qui aurait lui-même donné son accord à la création de la société Heine au Luxembourg, «chargée de gérer les commissions liées à ce contrat (versées aux décisionnaires pakistanais, légales jusqu'en 2000), et éventuellement les rétrocommissions (illégales, elles, destinées à des responsables français)», selon le quotidien.

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Toutefois, Le Figaro rapporte encore que des documents issus du ministère du Budget et illustrant les «circuits financiers opaques» liés aux contrats avec le Pakistan avaient bien été retrouvés par le juge Renaud Van Ryumbeke. Mais «quand Bercy, à qui la Direction des constructions navales (DCN) vient demander des déductions fiscales, prend connaissance de ces montages financiers (en décembre 1996), Nicolas Sarkozy n'est plus ministre du Budget», tempère un proche du dossier, cité par le quotidien.

De même, en 2006, c’est vers le ministère de la Défense que le chef de l’Etat, alors ministre de l’Intérieur, renvoie la société Heine qui tente de l’alerter sur une «éventuelle liquidation par les autorités luxembourgeoises».