François Fillon: La fonction d'«hyper Premier ministre n'existe pas»

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François Fillon, un temps qualifié «d'hyper Premier ministre» après sa reconduction à Matignon, a affirmé qu'une telle fonction n'existait «aucunement dans les institutions de la Ve République», jeudi, lors de sa déclaration de politique générale devant le Sénat.

Lors de ce discours, de 15 minutes seulement contre 45 la veille devant l'Assemblée, François Fillon a affiché sa volonté de poursuivre une politique de réformes empreinte de rigueur, sur un ton qui se voulait rassembleur.
A son terme, il a reçu une nouvelle ovation debout, sollicitant l'approbation d'un Sénat plutôt clairsemé, comme il avait réclamé -et obtenu- mercredi la confiance des députés.

«Donner au principe de la continuité politique ses lettres de noblesse»

Par ces votes, «il ne s'agit pas (...) d'assouvir les prétentions de je ne sais quel "hyper Premier ministre" qui n'existe aucunement dans nos institutions», a alors souligné François Fillon, dont le maintien à Matignon a donné lieu à un débat sur le nouveau rapport de force au sein de l'exécutif.

«Il s'agit de donner au principe de la continuité politique ses lettres de noblesse», a poursuivi le Premier ministre, évoquant, comme la veille, «l'élan de réforme et de modernisation de la France».

«Nous allons ouvrir le chantier de la fiscalité»

Plus consensuel que devant l'Assemblée -où il s'en était pris à plusieurs reprises à l'opposition-, sortant plus fréquemment de son discours, François Fillon a résumé les grandes réformes que son gouvernement entend mener.

«Nous allons ouvrir le chantier de la fiscalité. Nous allons dégager des solutions face au problème de la dépendance (...). Nous allons moderniser le fonctionnement de la justice», a-t-il dit, marquant en outre le souci de «conforter les deux piliers de la République: l'autorité de l'Etat face à la violence, l'égalité des chances par l'éducation et la formation».

Dans le même temps, il a rappelé les stricts impératifs budgétaires. «Notre politique économique est équilibrée: c'est l'investissement, c'est la discipline budgétaire, et c'est l'emploi», a-t-il fait valoir.