Attentat à Karachi: Villepin a évoqué un financement illicite de Balladur

JUSTICE Il était auditionné ce jeudi par le juge Van Ruymbeke...

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Dominique de Villepin a évoqué ce jeudi devant le juge Renaud van Ruymbeke ses «convictions très fortes» que des rétrocommissions sur des contrats d'armement ont pu financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, a déclaré l'avocat des familles de victimes. Dominique de Villepin a, de son côté, réaffirmé à la presse, à l'issue de plus de quatre heures d'audition par le magistrat, qu'il n'y avait «aucun lien» entre l'arrêt des commissions sur des contrats d'armements en 1995 et l'attentat de Karachi en 2002.

M. de Villepin a confirmé qu'il avait «des convictions très fortes» que les rétrocommissions «avaient financé des partis politiques soutenant le Premier ministre» de l'époque, Edouard Balladur, a déclaré Me Olivier Morice, l'avocat des familles de victimes de l'attentat, qui a assisté à l'audition devant le juge van Ruymbeke, chargé du volet financier de l'affaire Karachi.

«Aucun lien entre l'attentat et l'arrêt du versement des commissions»

L'ex-Premier ministre a indiqué qu'il serait également entendu dans les prochains jours par le juge Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi. «J'ai souhaité apporter mon témoignage au juge van Ruymbeke (chargé du volet financier de l'affaire Karachi, NDLR) comme je le ferai dans les prochains jours auprès du juge Marc Trévidic», a déclaré Dominique de Villepin.

«J'ai indiqué au juge qu'il ne peut y avoir à mon sens aucun lien entre l'attentat de Karachi et l'arrêt du versement des commissions», a-t-il poursuivi. «Je cherche à ce que toute la lumière soit faite», a encore ajouté Dominique de Villepin, qui n'a pas réitéré devant la presse ses «soupçons» quant à l'existence d'une corruption de décideurs français.

M. de Villepin était secrétaire général de l'Elysée en 1995 quand Jacques Chirac a ordonné à son arrivée à la présidence la révision des contrats d'armement ayant pu donner lieu à de telles rétrocommissions. Il avait fait état vendredi soir sur TF1 de «très forts soupçons» de faits de corruption. Deux contrats suscitent des interrogations : Sawari II portant sur la vente de trois frégates à l'Arabie saoudite, signé en novembre 1994, et le contrat Agosta de vente de sous-marins au Pakistan en septembre 1994.