Martine Aubry: «François Fillon n'avait pas de cap, pas de réponse»

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Pour Martine Aubry, François Fillon n’a pas été très persuasif lors de son discours de politique générale, prononcé mercredi devant les députés. La première secrétaire du PS a estimé jeudi que le Premier ministre avait d’ailleurs adopté «un ton qui se voulait volontaire pour masquer sans doute une espèce impuissance».

«Le courage, pour moi, c'est de régler les problèmes du pays et des Français, ce n'est pas de dire : rien ne va et on continue comme avant», a déclaré Martine Aubry sur France Info.

Sarkozy et Fillon, c’est «bonnet blanc et blanc bonnet»

«J'ai trouvé» chez François Fillon «un ton qui se voulait volontaire pour masquer sans doute une espèce impuissance», a ajouté la première secrétaire du PS. «Dans le fond, on avait l'impression qu'il n'avait pas de cap, pas de réponse alors que notre pays est toujours dans la crise».

«Ce que nous ont annoncé le président et le Premier ministre, parce que c'est bonnet blanc et blanc bonnet, ce sont des mesures qui vont encore renforcer les injustices, et rien pour relancer le développement de notre pays et les richesses», a lancé la maire de Lille.

«L’austérité n’existe que pour les classes populaires et moyennes»

Elle a reproché au gouvernement d'avoir «fait exploser la dette et les déficits» soulignant que «sur les 150 milliards de déficit, 50 mds sont dus à la crise, mais 100 mds sont dus à l'ardoise Sarkozy, c'est-à-dire aux baisses d'impôts pour les plus riches, aux niches fiscales...»

Selon elle, «c'est quand même une honte de vouloir supprimer l'Impôt sur la fortune (ISF)» quand «on voit combien souffrent les Français, quand on voit combien on a besoin de relancer la consommation».

«Le vrai sujet aujourd'hui», c'est que «l'austérité, elle, n'existe que pour les classes populaires et pour les classes moyennes». «Nous n'avons pas la croissance, nous n'avons pas l'emploi et nous n'avons pas la justice, c'est ça que les Français n'acceptent plus aujourd'hui», a estimé la numéro un du PS.