Entre nouvelles «réformes» et «continuité», François Fillon garde le cap

Catherine Fournier

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L.BONAVENTURE / AFP

Point d’hyper-Premier ministre ce mercredi à l’Assemblée nationale. C’est un François Fillon plutôt fidèle à lui-même qui est apparu devant les députés lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale. Dans un ton soutenu, le locataire de Matignon s’est montré plutôt fidèle à l’action du chef de l’Etat, ventant les réformes passées et à venir.

Citant à plusieurs reprises le président de la République, François Fillon s’est fait le porte-voix d’une politique intérieure et internationale volontariste, qui a dû affronter une crise sans précédent depuis 1930. 

«Pas de hausse dimpôts»

«Ensemble nous avons enrayé la dynamique mortelle en Europe en sauvant le système financier. Mais la crise n'est pas finie», a-t-il prévenu. D’où la nécessité, selon lui, de maintenir une politique de rigueur. Ainsi, la politique de non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux parmi les fonctionnaire sera poursuivie. «Tous ces efforts sont concentrés autour d'un choix politique que nous assumons, le choix de la vertu budgétaire», a-t-il martelé, indiquant qu’il ne sera pas question de dépenser davantage pour la relance. En revanche, François Fillon l’a répété: «Il n’y aura pas de hausse d’impôts».

L’opposition, au passage, en a pris pour son grade, exclue du «nous» fédérateur et rassembleur de la majorité. «Si la jeusse est désenchantée, à qui la faute? Ce malaise n'est pas le résultat des changements que nous avons initiés mais de l'immobilisme au sein du quel nous avons trop longtemps baigné», a-t-il lancé sous les applaudissements des députés UMP.

La dépendance en ligne de mire

Parmi les chantiers à venir, le Premier ministre a ainsi notamment annoncé la volonté de «garantir une meilleure insertion professionnelle sur les jeunes». L’une des solutions pour y parvenir est de doubler le nombre de jeunes en apprentissage et en alternance, «qui assurent une insertion dans l'emploi à plus de 70%». L’autre gros dossier à venir, c’est celui de la dépendance. Son coût devrait atteindre les 30 milliards d’euros dans les prochaines années, a précisé François Fillon, annonçant «une concertation nationale sur la protection sociale» avec les partenaires sociaux.

>> Comment financer la dépendance? Le point de 20minutes.fr.

La réforme, donc, est restée le maître mot de cette intervention, dans la droite lignée de Nicolas Sarkozy, avec 2012 en ligne de mire. «L'usure est la maladie du découragement et la pause c'est la maladie des indécis», a risqué François Fillon, la voix un peu éreintée par une longue intervention sans pauses. Le Premier ministre n’a toutefois pas manqué d’inscrire son maintien à Matignon comme un moyen de mener à bien la politique du chef de l’Etat.

«Depuis longtemps je crois à la nécessité de la continuité, je crois à la durée, je crois à la sérénité républicaine», tout lui en somme. Et la confiance lui a finalement été accordée par l'Assemblée nationale avec 326 votes pour et 226 contre.