Affaire Karachi: l'audition d'Alain Juppé demandée par les parties civiles

ATTENTAT L'actuel ministre de la Défense était Premier ministre au moment des faits, en 1995...

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Des familles des victimes de l'attentat de Karachi en 2002 comptent demander dès lundi l'audition comme témoin du ministre de la Défense Alain Juppé, qui a affirmé dimanche ne pas avoir souvenir de rétrocommissions vers la France dans un contrat d'armement avec le Pakistan.
Des familles des victimes de l'attentat de Karachi en 2002 comptent demander dès lundi l'audition comme témoin du ministre de la Défense Alain Juppé, qui a affirmé dimanche ne pas avoir souvenir de rétrocommissions vers la France dans un contrat d'armement avec le Pakistan. — Lionel Bonaventure afp.com

Après Sarkozy, Villepin et Chirac, c'est au tour de Juppé. Des familles de victimes vont demander "dès lundi" l'audition par la justice de l'actuel ministre de la Défense, Premier ministre en 1995 lors de l'arrêt des commissions susceptible d'être à l'origine de l'attentat de Karachi, a annoncé dimanche leur avocat.

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"Nous allons demander dès demain (lundi) au juge Renaud Van Ruymbeke d'entendre M. Juppé car il était Premier ministre en 1995 au moment de l'arrêt des commissions", a indiqué Me Olivier Morice à l'AFP.

La justice suit la piste de représailles pakistanaises à l'arrêt des commissions, décidé par Jacques Chirac en 1995, sur un contrat de vente de sous-marins Agosta, conclu par le gouvernement d'Edouard Balladur.

"L'audition de M. Juppé nous intéresse également car c'est lui qui, depuis Matignon en 1995, a autorisé les écoutes téléphoniques réalisées sur des membres du cabinet de François Léotard", ministre de la Défense du gouvernement Balladur.

"Juppé a la mémoire courte"

Alain Juppé, ministre de la Défense depuis le 14 novembre, a souligné dimanche l'absence de "preuves" dans l'affaire de l'attentat de Karachi, affirmant qu'il n'avait pas lui-même entendu parler de "rétrocommissions" quand il était Premier ministre, sur des contrats de ventes d'armes au Pakistan.

"M. Juppé a la mémoire courte depuis qu'il est entré au gouvernement, c'est également pour cette raison que nous demandons son audition", a commenté Me Morice.

Charles Millon, ministre de la Défense à partir de 1995, a confirmé lundi devant le juge Van Ruymbeke qu'il y avait des rétrocommissions, c'est-à-dire de la corruption, vers des décideurs français en marge de ce contrat. Il avait précisé au juge que des membres du cabinet de son prédécesseur, M. Léotard, avaient été écoutés mais que ces surveillances n'avaient rien donné.

Vendredi, Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée avait fait état de "très forts soupçons" de rétrocommissions vers la France.