Affaire Karachi: Juppé ne sait rien de «rétrocommissions»

ATTENTAT Il a insisté sur le fait que Nicolas Sarkozy a promis de déclassifier les documents dont pourrait avoir besoin la justice...

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Le ministre de la Défense Alain Juppé a souligné dimanche l'absence de "preuves" dans l'affaire de l'attentat de Karachi, affirmant qu'il n'avait pas lui-même entendu parler de "retrocommissions" quand il était Premier ministre, sur des contrats de ventes d'armes au Pakistan.
Le ministre de la Défense Alain Juppé a souligné dimanche l'absence de "preuves" dans l'affaire de l'attentat de Karachi, affirmant qu'il n'avait pas lui-même entendu parler de "retrocommissions" quand il était Premier ministre, sur des contrats de ventes d'armes au Pakistan. — Pierre-Philippe Marcou afp.com

A l'époque des faits, il était Premier ministre et pourtant, Alain Juppé assure qu'il ne sait rien d'éventuelles "rétrocommissions". Le ministre de la Défense a souligné dimanche l'absence de "preuves" dans l'affaire de l'attentat de Karachi, affirmant qu'il n'avait pas lui-même entendu parler de "retrocommissions" sur des contrats de ventes d'armes au Pakistan.

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Interrogé sur Canal+ sur les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy sur cette affaire, Alain Juppé a souligné que le président de la République "a simplement dit que si les juges d'instruction souhaitent disposer de documents supplémentaires (...) ces documents seront déclassifiés".

"Ca ne veut pas dire que l'on a caché quoi que ce soit. Ca veut dire qu'on est prêt à répondre à des demandes supplémentaires", a-t-il expliqué. "Où sont les faits établis ? De quoi est-on sûr ? On est sûr malheureusement qu'il y a eu des victimes et je voudrais penser aux familles, aux enfants de ceux qui ont payé de leur vie leur travail au service de la France à Karachi", a déclaré le ministre de la Défense.

"Aucune preuve" de l'implication de Chirac

Il a indiqué qu'à son arrivée à Matignon en 1995, le président de la République Jacques Chirac lui avait dit qu'il avait "donné instruction au ministre de la Défense de suspendre le versement de certaines commissions liées à des ventes d'armes", parce que tout ça n'était "pas clair". Cette instruction "a été appliquée, je n'en sais rien de plus", a-t-il dit.

"Est-ce qu'il y a un lien entre cet attentat (de Karachi) et l'interruption décidée par Jacques Chirac du versement de commissions ? Aucune preuve n'existe", a-t-il souligné.

Selon Alain Juppé, "dans une accusation aussi grave", "il faut des preuves et pour cela il y a des procédures judiciaires, il y a quatre juges d'instruction, c'est à eux de faire le travail de la justice".

Interrogé sur d'éventuelles "rétrocommissions" qui auraient permis de financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, il a souligné qu'"elles ont toujours été illégales et interdites". "Est-ce qu'il y en a eues? Je n'ai aujourd'hui aucune preuve qui permette de le penser", a-t-il affirmé: "Les retrocommissions pour moi ne sont jamais apparues".