Mélenchon refuse «toute coalition contre nature» et avertit le PS

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Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a mis dimanche en sourdine ses accents populistes, après des remontrances du PCF, et en garde ses anciens collègues du Parti socialiste, dans un discours de quasi-candidat du Front de gauche (FG) en 2012
Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a mis dimanche en sourdine ses accents populistes, après des remontrances du PCF, et en garde ses anciens collègues du Parti socialiste, dans un discours de quasi-candidat du Front de gauche (FG) en 2012 — Jean-Francois Monier afp.com

Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) a mis dimanche en sourdine ses accents populistes, après des remontrances du PCF, et en garde ses anciens collègues du Parti socialiste, dans un discours de quasi-candidat du Front de gauche (FG) en 2012.

Leader d'un parti de "l'enthousiasme positif", l'eurodéputé a martelé que le FG n'était pas un "supplétif de circonstance" du PS et qu'il ne participerait "à aucune coalition contre nature", tout en dénonçant les "alliances totalement inacceptables des écolos et des socialistes contre des sortants" de la gauche radicale aux prochaines cantonales.

"Nous sommes capables d'emmener le peuple français mieux que ne le fera jamais le directeur général du FMI" Dominique Strauss-Kahn, a-t-il lancé dans un discours fleuve devant 700 "PGistes" réunis en congrès au Mans, assurant que le FG peut obtenir un score "à deux chiffres".

Se faisant plus doux à l'égard des journalistes ("je sais dire autre chose que des mots amers à leur égard"), il a demandé "aux médias" et à ses "concurrents politiques" de "permettre que le débat de fond ait lieu", comme sur la sortie du Traité de Lisbonne ou le départ d'Afghanistan.

Contre la politique de Nicolas Sarkozy, il a par ailleurs plaidé pour la nationalisation de "l'eau et l'énergie" et "le partage" des richesses, en "prenant tout ce qui dépasse au-dessus d'une certaine somme". "Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas", a-t-il lancé, appelant de nouveau à un référendum sur les retraites.

Auparavant devant les médias, il s'en était pris au "cirque socialiste avec ses otaries et ses lions", tonnant qu'au PS, "ils les ont à zéro en nous voyant".

Mélenchon met en garde les électeurs contre "le piège mortel du vote utile du PS" contre Nicolas Sarkozy, voulant "échapper à la Papandréouisation de la gauche". Et de lancer aux socialistes: "si c'est moi qui suis en tête de la gauche au premier tour, à supposer que ce soit moi le candidat, est-ce qu'ils se désistent pour moi au second?".

Récemment sermonné par le PCF pour son populisme, l'auteur du succès de librairie "Qu'ils s'en aillent tous", a souligné "regarder cette injure avec gratitude", clamant: "je suis du peuple".