Attentat de Karachi: l'appel du parquet, une «menace» pour l'enquête

REACTION C'est ce qu'affirme le socialiste Jérôme Cahuzac...

© 2010 AFP

— 

Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a estimé dimanche que la principale "menace" qui pesait sur l'enquête du juge van Ruymbeke dans l'affaire Karachi résidait dans un appel du parquet de Paris du 7 octobre dernier.
Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a estimé dimanche que la principale "menace" qui pesait sur l'enquête du juge van Ruymbeke dans l'affaire Karachi résidait dans un appel du parquet de Paris du 7 octobre dernier. — Fred Dufour afp.com

Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a estimé dimanche que la principale «menace» qui pesait sur l'enquête du juge van Ruymbeke dans l'affaire Karachi résidait dans un appel du parquet de Paris du 7 octobre dernier. A cette date, le ministère public avait fait appel de la décision du juge parisien d'enquêter sur d'éventuelles rétrocommissions liées à la vente de sous-marins au Pakistan en 1994, un recours qui fait peser «une menace d'annulation» sur la procédure, a déploré Jérôme Cahuzac sur Europe 1.

>> Tous nos articles sur l'affaire de l'attentat de Karachi

«Il faudrait qu'à la demande du garde des Sceaux, (le procureur de la République) Jean-Claude Marin interrompe la procédure (d'appel) qu'il a engagée et qui fait peser sur les travaux de van Ruymbeke une menace réelle d'interruption, voire d'annulation, a-t-il poursuivi. Aujourd'hui, tout arrêter serait incompris. On est arrivé à un point où le pouvoir n'a d'autre solution, en tous cas dans un premier temps, que de laisser faire les choses», a ajouté l'élu du Lot-et-Garonne.

«Déclassifier l'ensemble des documents»

Jérôme Cahuzac a également estimé que la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi devrait «probablement» reprendre ses travaux, «au regard de ce que vient d'indiquer le président de la République, qui je crois a pris l'engagement de déclassifier l'ensemble des documents».

Il s'est d'ailleurs étonné des propos tenus la veille par Nicolas Sarkozy sur d'éventuels nouveaux documents à examiner. «Interrogée je crois à deux reprises à l'Assemblée nationale par les parlementaires, la garde des Sceaux de l'époque (Michèle Alliot-Marie) avait indiqué déjà que tous les documents étaient déclassifiés et que tous étaient à la disposition du juge. Or on apprend depuis hier qu'il y aurait d'autres documents à déclassifier», a-t-il dit.

Dans ce dossier aux multiples ramifications, la justice soupçonne que l'attentat, qui avait coûté en 2002 la vie à 15 personnes dont 11 salariés français de la Direction de la Construction navale (DCN), soit lié à l'arrêt par Jacques Chirac du versement de commissions promises à des intermédiaires.