Karachi: Dominique de Villepin a demandé à être entendu comme témoin par la justice

POLEMIQUE Les familles des victimes veulent porter plainte contre lui...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Avec sa nouvelle charge violente contre le président Nicolas Sarkozy en qui il voit "l'un des problèmes de la France", l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a provoqué dimanche un tollé à l'UMP et suscité l'embarras jusqu'au sein de ses propres troupes.
Avec sa nouvelle charge violente contre le président Nicolas Sarkozy en qui il voit "l'un des problèmes de la France", l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a provoqué dimanche un tollé à l'UMP et suscité l'embarras jusqu'au sein de ses propres troupes. — Patrick Kovarik AFP/Archives

Dans le collimateur des familles des victimes de l’attentat de Karachi en 2002, Dominique de Villepin a pris les devants en annonçant ce vendredi soir sur TF1 qu'il avait demandé à être entendu comme témoin par la justice dans le dossier.

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Il a confirmé que Jacques Chirac, élu en 1995, avait ordonné l'arrêt du paiement des commissions convenues dans le cadre d'une vente de sous-marins au Pakistan en 1994, car on soupçonnait qu'une partie de l'argent soit détournée vers la France. «Il est important que la vérité soit connue dans ce dossier et j'ai d'ailleurs dès ce vendredi après-midi demandé au juge Van Ruymbeke, qui instruit ce dossier, de recueillir le plus rapidement possible mon témoignage et si possible dès la semaine prochaine», a dit Dominique de Villepin, qui était secrétaire général de l'Elysée sous Jacques Chirac.

Une moralisation de «la vie publique internationale»

«Jacques Chirac, quand il est arrivé comme président de la République en 1995, a souhaité moraliser la vie publique internationale, c'est-à-dire interrompre les contrats qui pouvaient donner lieu à rétro-commissions», a-t-il ajouté. Le chef de l’Etat avait ainsi demandé à Charles Millon «d’approfondir ce dossier».

C’est alors que «de très forts soupçons se sont posés sur le Pakistan et l’Arabie Saoudite» et Jacques Chirac «a décidé d’arrêter les contrats» en question. Si ce dernier n’a pas voulu saisir la justice, c’est parce qu’il fallait «s’appuyer sur des preuves formelles». De plus, «Jacques Chirac a décidé de ne pas se situer sur le terrain d’un règlement de comptes politique» en l’exploitant de manière judiciaire ou médiatique, a expliqué Dominique de Villepin.

Les «inquiétudes de 1995» et les «attentats de 2002», «deux choses différentes»

Quant au danger qu’encouraient les employés français au Pakistan et qui a provoqué le courroux des familles des victimes à son encontre, l’ancien Premier ministre a indiqué «qu’aucune information spécifique n’a été portée à notre connaissance pouvant nous permettre de penser qu’il y aurait un danger». Selon lui, «passer des inquiétudes de 1995 aux attentats de 2002, ce sont deux choses différentes», citant le contexte des attentats du 11 septembre 2001.

De plus, Dominique de Villepin a précisé que les commissions à destination du Pakistan avaient toutes été honorées et que seules les commissions «illégitimes», à destination d’ «intermédiaires non-pakistanais», avaient été arrêtées. L'argent des rétro-commissions, selon une piste suivie par la justice, pourrait avoir servi à la campagne présidentielle du rival de Jacques Chirac, Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.