Le PS «décomplexé» sur la sécurité

POLITIQUE Le parti, qui a acté son «pacte national de protection et de sécurité», assure qu’il est crédible sur la question...

Julien Ménielle
— 
Martine Aubry parle sécurité lors du Forum des idées du PS, le 17 novembre 2010 à Créteil.
Martine Aubry parle sécurité lors du Forum des idées du PS, le 17 novembre 2010 à Créteil. — AFP PHOTO / BORIS HORVAT

«Nous n’accepterons pas que l’insécurité devienne une fatalité dans notre pays.» Cette phrase, ce n’est pas Nicolas Sarkozy, mais bien Martine Aubry qui l’a prononcée ce mercredi. La patronne du PS a participé au Forum des idées de son parti sur le thème de la sécurité. Et elle l’a affirmé: «Il n'y a pas d'idéologie dans la sécurité.»

Police de proximité

«Aucun sujet ne doit nous effrayer», avait prévenu Claude Bartolone, estimant que la gauche est «bien évidemment» crédible sur la question. Martine Aubry n’a pas dit autre chose, ce mercredi, en ne se déclarant pas opposée à la vidéosurveillance, tout en précisant que les caméras ne doivent pas remplacer la présence humaine.

Car pour Martine Aubry, «la suppression de la police de proximité» a été le «pêché initial». En ouverture de son Forum des idées, la première secrétaire a tenu à marquer sa différence avec la «politique du coup de poing» menée par Nicolas Sarkozy. «La sécurité ne se décrète pas, elle se travaille tous les jours», a déclaré la maire de Lille, plaidant pour une augmentation des effectifs de la police et la gendarmerie.

«De nouveaux outils» contre la récidive

Vantant l’action des maires socialistes en matière de sécurité, l’élue s’est positionnée en faveur du renforcement du rôle de ces derniers, avec la possibilité pour eux de «saisir la justice au nom des habitants». Actant le «pacte national de protection et de sécurité» socialiste, Martine Aubry a souhaité «une sanction juste, rapide et proportionnée contre tout acte de violence», tout en estimant que l’enfermement ne devait pas être systématique.

Le PS propose donc «de nouveaux outils» pour lutter contre la récidive: «Donner la possibilité aux juges de proposer des peines complémentaires, mettre en place des centres de discipline et de réinsertion, une juste réparation des victimes avec un accueil personnalisé», a détaillé Martine Aubry.

«Nous rétablirons l'ordre»

«Nous devons nous préparer pour 2012», justifie François Rebsamen dans une vidéo sur le site du PS. Pour ce faire, le PS s’efforce d’afficher une belle unité sur cette question cruciale, sur laquelle la majorité parle d’une seule voix. «Face aux échecs de Nicolas Sarkozy, le Parti socialiste doit porter un projet décomplexé», a estimé Manuel Valls sur LCP.

«Nous rétablirons l'ordre», promet François Rebsamen, en charge du dossier avec le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas. A condition de faire vivre cette belle unité. Et déjà, François Rebsamen et Benoît Hamon s’opposent sur la proposition de ce dernier de mettre en place un système de certificat de contrôles d'identité entre policiers et jeunes contrôlés, qui s'estiment stigmatisés.