Affaire de l'hippodrome: un coup de «putois» pour Woerth

JUSTICE La Cour de justice de la République s'intéresse déjà à l'ex-ministre...

Vincent Vantighem

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Eric Woerth aurait conclu la vente de l'hippodrome de Compiègne sans appel d'offres.
Eric Woerth aurait conclu la vente de l'hippodrome de Compiègne sans appel d'offres. — F. STEVENS / SIPA

L'affaire de l'hippodrome du Putois commence à sentir mauvais pour Eric Woerth. La commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) a été saisie hier matin d'une enquête pour « délit de favoritisme » et « prise illégale d'intérêts » de celui qui vient d'être débarqué du ministère du Travail.

L'Etat avait refusé la vente en 2003
Cette fois, il ne s'agit pas de l'affaire Bettencourt, mais de celle dite de l'hippodrome du Putois à Compiègne (Oise). En mars dernier, six jours avant de quitter le ministère du Budget, il serait intervenu pour que l'Etat vende une parcelle de 57 hectares de la forêt de Compiègne – comprenant un hippodrome et un golf – à la Société des courses de Compiègne (SCC). Le problème, c'est que l'Etat avait refusé cette même vente sept ans plus tôt, « compte tenu de la législation sur les forêts domaniales ». En mars dernier, Eric Woerth aurait pourtant conclu l'affaire sans lancer d'appel d'offres. La transaction aurait été conclue à 2,5 millions d'euros, un prix jugé « dérisoire » par Le Canard enchaîné qui a révélé l'affaire.

Une procédure complexe
Dans sa saisine, Jean-Louis Nadal, procureur près la CJR, indique que tous ces éléments sont « susceptibles de constituer des indices d'atteintes aux règles ». C'est pour cela qu'il a demandé à la commission des requêtes de se pencher sur le dossier. La procédure est complexe. Si la commission estime que les soupçons sont fondés, le dossier passera ensuite à la commission d'instruction, seule habilitée à renvoyer un ministre devant la Cour de justice de la République.