Copé prend la tête de l'UMP mercredi, guerre ouverte pour sa succession à l'Assemblée

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Le bureau politique de l'UMP entérinera mercredi la nomination à la tête du parti présidentiel de Jean-François Copé, dont la succession au groupe UMP à l'Assemblée, loin d'être une formalité, promet une guerre fratricide entre Christian Jacob et Jean Leonetti.
Le bureau politique de l'UMP entérinera mercredi la nomination à la tête du parti présidentiel de Jean-François Copé, dont la succession au groupe UMP à l'Assemblée, loin d'être une formalité, promet une guerre fratricide entre Christian Jacob et Jean Leonetti. — Joel Saget AFP/Archives

Le bureau politique de l'UMP entérinera mercredi la nomination à la tête du parti présidentiel de Jean-François Copé, dont la succession au groupe UMP à l'Assemblée, loin d'être une formalité, promet une guerre fratricide entre Christian Jacob et Jean Leonetti.

L'instance dirigeante de l'UMP se réunit mercredi à 18H00. Sans surprise, le député-maire de Meaux, qui a "topé" dimanche avec le président Nicolas Sarkozy, doit être désigné secrétaire général en remplacement de son rival Xavier Bertrand, de retour au gouvernement.

M. Copé démissionnera dans la foulée de son poste de patron des députés UMP. Un appel officiel à candidatures sera lancé jeudi et l'élection de son successeur par le groupe UMP (un peu plus de 300 députés) se déroulera mardi 23, selon son entourage.

S'il savoure sa conquête de l'UMP -qui n'était pas encore acquise dimanche matin, le chef de l'Etat ayant tenté jusqu'au bout de le convaincre d'entrer au gouvernement- sa succession s'annonce beaucoup plus compliquée qu'il ne l'espérait.

Il avait échafaudé ces dernières semaines un "schéma dream team": lui rue La Boétie, son bras droit Christian Jacob à la tête du groupe UMP et Jean Leonetti, le vice-président des députés UMP, au gouvernement.

Le scénario idéal pour M. Copé, qui s'entend à merveille avec M. Jacob, élu de Seine-et-Marne comme lui et président délégué de son club politique, Génération France. En 2009, ce dernier a même refusé d'entrer au gouvernement pour rester à ses côtés. Son élection permettrait à M. Copé de garder la haute main sur les députés, voire de constituer un cabinet commun UMP/groupe UMP.

"Copé au parti et Jacob au groupe, c'est la même chose. C'est niet !", aurait lancé Nicolas Sarkozy ce week-end. Même analyse chez François Fillon, qui veut contenir Jean-François Copé, un rival très sérieux dans la course pour la présidentielle de 2017. "Ce serait quand même bizarre que le secrétaire général et le président du groupe soient du même département...", lâche un ministre influent.

Pas de maroquin donc pour Jean Leonetti. Meurtri, le député des Alpes-Maritimes, lui aussi proche de M. Copé, a annoncé lundi sa candidature au groupe, au lendemain de M. Jacob.

"C'est naturel et logique puisque je suis premier vice-président depuis 2002. Je connais bien les députés (...) Je ne suis pas le candidat d'un clan ou d'une personnalité. Rien ne m'arrêtera", a déclaré à l'AFP ce membre fondateur de l'UMP, qui appartient au Parti radical de Jean-Louis Borloo. M. Jacob est lui issu du RPR.

Jean Leonetti a rencontré lundi M. Fillon puis M. Copé, selon des sources concordantes.

L'ex-ministre chiraquien Hervé Gaymard (ex-RPR) est lui aussi en lice. D'autres candidatures sont possibles.

Chez les députés UMP, alors que la part des centristes s'est réduite comme peau de chagrin dans le nouveau gouvernement, certains commencent à tiquer sur "la concentration des postes aux mains des ex-RPR". "Il faut le dire clairement si certains postes sont interdits aux centristes de l'UMP !", peste un député.

Officiellement, M. Copé n'interviendra pas dans le match pour sa succession. "J'aime beaucoup Leonetti", a-t-il d'ailleurs assuré à François Fillon et Brice Hortefeux, selon une source UMP.

Mais il a une préférence nette pour M. Jacob, "un guerrier". "Jamais il ne lui demandera de se retirer de la course", insiste un proche. Si M. Jacob était battu, sa défaite serait du même coup analysée comme celle, aussi, de M. Copé.