Jouanno: Une fidèle sarkozyste récompensée par un "vrai" ministère

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Entrée en politique dans le sillage de Nicolas Sarkozy dont elle fut longtemps la "plume", Chantal Jouanno voit sa fidélité récompensée par l'attribution du portefeuille des Sports qui, après trois ans de dépendance à celui de la santé, redevient un ministère à part entière.
Entrée en politique dans le sillage de Nicolas Sarkozy dont elle fut longtemps la "plume", Chantal Jouanno voit sa fidélité récompensée par l'attribution du portefeuille des Sports qui, après trois ans de dépendance à celui de la santé, redevient un ministère à part entière. — Francois Guillot AFP

Entrée en politique dans le sillage de Nicolas Sarkozy dont elle fut longtemps la "plume", Chantal Jouanno voit sa fidélité récompensée par l'attribution du portefeuille des Sports qui, après trois ans de dépendance à celui de la santé, redevient un ministère à part entière.

Aux (David) Douillet et (Pierre) Durand, champions olympiques candidats au fauteuil, la jeune mère de famille de 41 ans peut opposer un palmarès conséquent: treize fois championne de France de karaté, elle a conquis son dernier titre en mars dernier, en kata par équipes, après douze années d'arrêt.

Treize médailles qui lui offrent, avant même ses premières sorties, une vraie légitimité à succéder au duo de novices composé de Roselyne Bachelot, ministre de tutelle, et Rama Yade, sa secrétaire d'Etat aux Sports qui avaient eu tout à apprendre des particularismes du mouvement sportif.

"Je suis sur un petit nuage", avouait l'ex-secrétaire d'Etat à l'Ecologie, son domaine depuis 2006, lors de la passation de pouvoir, lundi. "Le sport est ma passion. J'ai un rapport addictif au sport et je vais enfin pouvoir aller m'entraîner en ayant l'impression de travailler", plaisantait celle qui, après être longtemps rentrée du bureau en footing, prépare son premier marathon, probablement celui de Paris, avec l'objectif de le boucler en quatre heures.

Sur le terrain politique, elle va devoir entrer tout de suite dans le match.

Paradoxalement, elle hérite d'un ministère qui redevient de plein exercice après trois années de tutelle de la santé alors même que le budget des sports voté pour 2011 est le plus maigre depuis près de 10 ans (-15% par rapport à 2010). Face à cette pénurie annoncée de moyens, le monde sportif fait bloc pour demander une plus large autonomie, estimant que l'influence de l'Etat dans le sport doit être proportionnelle à ses efforts financiers.

"Avant de demander plus de moyens, il faut avoir des projets à porter", avertit la nouvelle ministre qui ne se fixe pas d'autre objectif à court terme que de se "plonger dans les dossiers."

Réagissant dimanche à sa nomination, Denis Masseglia, président du Comité national et sportif français (CNOSF) a prévenu: "Les chantiers restent les mêmes. En particulier la gouvernance du sport qui doit évoluer. On ne peut pas rester dans le statu quo".

Sur ce thème, Chantal Jouanno devra gérer les séquelles de la crise des Bleus et des Etats généraux du football avec une grande diplomatie pour ne pas faire hurler à l'ingérence.

Dans un autre registre, il lui faudra s'assurer que malgré la chute des moyens, l'Etat met tout en oeuvre pour la réussite française aux JO de Londres et l'organisation de l'Euro-2016, en mettant la main à la poche.