Le centre organise la riposte contre la "mainmise UMP-RPR" sur l'exécutif

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Jean-Louis Borloo et Hervé Morin réfléchissent à une nouvelle stratégie de recomposition du centre dans la perspective de la présidentielle de 2012, après un remaniement illustrant à leurs yeux la "mainmise de l'UMP-RPR" sur l'exécutif et le parti présidentiel.
Jean-Louis Borloo et Hervé Morin réfléchissent à une nouvelle stratégie de recomposition du centre dans la perspective de la présidentielle de 2012, après un remaniement illustrant à leurs yeux la "mainmise de l'UMP-RPR" sur l'exécutif et le parti présidentiel. — Joel Saget AFP

Jean-Louis Borloo et Hervé Morin réfléchissent à une nouvelle stratégie de recomposition du centre dans la perspective de la présidentielle de 2012, après un remaniement illustrant à leurs yeux la "mainmise de l'UMP-RPR" sur l'exécutif et le parti présidentiel.

"Fillon et le RPR ont littéralement mis Sarkozy sous tutelle", peste un proche de Jean-Louis Borloo, qui a préféré quitter le gouvernement pour servir à la tête du Parti radical (PR) des valeurs qui "ne sont pas de circonstances" au gouvernement, selon les termes de l'ex-ministre de l'Ecologie.

Plusieurs centristes au sein même de l'UMP ou dans les partis alliés font plus ou moins ouvertement écho à ce cri du coeur pour dénoncer un gouvernement "monocolore".

"On a un gouvernement de contraction, autour d'une base UMP et j'allais dire RPR", a regretté le patron du Nouveau centre Hervé Morin au lendemain de son éviction du gouvernement.

A 18 mois de la présidentielle, la nouvelle équipe Fillon a fait la part belle aux chiraquiens historiques du RPR, qui se partagent les grands ministères régaliens aux tout premiers rangs de l'ordre protocolaire et la tête du parti présidentiel, qui va être incarnée désormais par Jean-François Copé.

Le centre est aujourd'hui réduit à la portion congrue avec deux ministres centristes contre sept précédemment: l'ex-MoDem Michel Mercier à la Chancellerie, et l'ex-porte-parole du Nouveau Centre Maurice Leroy à la Ville.

Bien décidés malgré tout à faire entendre leur voix au sein de la majorité, les centristes tentent de s'organiser, mais pour l'heure en ordre dispersé.

"Le centre veut désormais faire entendre sa différence dans une majorité qui ne cesse de se réduire à une peau de chagrin", prévient Laurent Hénart, numéro 2 du Parti radical.

Le patron de la Gauche moderne (allié de l'UMP) Jean-Marie Bockel, également évincé, de l'éxécutif, se dit d'ores et déjà prêt à participer à une "confédération des centres".

Le président du Nouveau Centre Hervé Morin, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles pour 2012, explique vouloir "faire en sorte que les centristes puissent porter un projet autonome pour la présidentielle" en plaidant pour "un centrisme de construction".

"C'est maintenant que tout commence. Les centristes sont devant un acte fondateur à réaliser", approuve le député Philippe Vigier, porte-parole du Nouveau Centre. Avec une nuance de taille: "cela doit se faire autour du seul parti centriste indépendant, le Nouveau centre".

"Il y a une certaine duplicité à parler de réunir les centres quand on est à l'UMP", renchérit le sénateur NC Hervé Moret, une pique en direction de Jean-Louis Borloo, dont le Parti radical est co-fondateur de l'UMP.

Mais le maintien du PR dans les instances dirigeantes du parti majoritaies est aujourd'hui posée jusque dans les rangs radicaux, où nombre de cadres encouragent l'ancien ministre de l'Ecologie à s'émanciper.

"Je dis aux centristes qu'avant d'avoir des états d'âme ils devraient avoir la force de la conquête de postes clés, au parti et au groupe UMP, pour infléchir la politique gouvernementale", leur rétorque Dominique Paillé, sous sa double casquette de porte-parole de l'UMP et cadre du Parti radical.

Ces sujets devraient être évoqués ce lundi lors de la réunion des ténors du centre convoquée par le patron des radicaux, puis lors d'une rencontre au sommet, mardi, entre Jean-Louis Borloo et Hervé Morin.