Borloo quitte son ministère, très souriant mais sans un mot

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Très souriant, mais sans un mot pour les journalistes, Jean-Louis Borloo a quitté lundi le ministère de l'Ecologie et le gouvernement, au terme de sa passation de pouvoir avec Nathalie Kosciusko-Morizet qu'il a chaleureusement embrassée.
Très souriant, mais sans un mot pour les journalistes, Jean-Louis Borloo a quitté lundi le ministère de l'Ecologie et le gouvernement, au terme de sa passation de pouvoir avec Nathalie Kosciusko-Morizet qu'il a chaleureusement embrassée. — Bertrand Guay AFP

Très souriant, mais sans un mot pour les journalistes, Jean-Louis Borloo a quitté lundi le ministère de l'Ecologie et le gouvernement, au terme de sa passation de pouvoir avec Nathalie Kosciusko-Morizet qu'il a chaleureusement embrassée.

L'ex-numéro 2 du gouvernement, grand perdant du duel avec François Fillon pour Matignon, avait annoncé la veille "avoir choisi de ne pas appartenir" au futur gouvernement.

"Le plus souvent, j'ai accompli mes réformes malgré François Fillon. Il fut presque toujours mon principal opposant", a-t-il dit au Monde daté de mardi.

Dans la cour de l'hôtel de Roquelaure, M. Borloo a salué le personnel du ministère qui l'a longuement applaudi, d'anciens collaborateurs et secrétaires d'Etat comme Chantal Jouanno et Dominique Bussereau, tout en tenant par la main "NKM".

Les relations entre les deux avaient été pourtant difficiles quand cette dernière était secrétaire d'Etat à l'Ecologie, sous la tutelle de M. Borloo, jusqu'en 2009.

Elles s'étaient franchement dégradées en avril 2008, lors du débat sur les OGM à l'Assemblée nationale où Mme Kosciusko-Morizet avait dénoncé "un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé (...) et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum".

Pressé par les très nombreux journalistes de faire une déclaration, le président du Parti radical n'a pas rompu le silence qu'il a décidé d'observer depuis dimanche et s'est engouffré dans une voiture qui a immédiatement démarré.

De son côté, vêtue de noir, pantalon cigarette et talons aiguilles, "NKM" a déclaré avoir "l'impression de rentrer à la maison".

"La feuille de route du ministère, c'est le Grenelle de l'environnement (...) et je vais continuer à la porter, dans toutes ses dimensions et par exemple dans la dimension de la lutte contre le changement climatique", a-t-elle déclaré devant les caméras.

"Je sais qu'il y a eu des questions là-dessus", a-t-elle ajouté, faisant référence aux vives critiques des ONG sur le fait que le ministère de l'Ecologie avait été notamment amputé du dossier crucial de l'Energie.

"Les engagements du Grenelle de l'environnement, ce ministère en est garant et j'en suis garante, et je continuerai naturellement à les porter et à les mettre en oeuvre et à les porter toujours plus loin", a-t-elle assuré.

"Je suis convaincue que l'écologie est le grand enjeu du 21e siècle, c'est ici que ça se passe", a-t-elle encore dit.

La ministre a en outre annoncé qu'elle démissionnait de son mandat de conseillère régionale d'Ile-de-France pour se "consacrer pleinement" à ses nouvelles fonctions ministérielles et à la mairie de Longjumeau (Essonne).