Remaniement: Nicolas Sarkozy satisfait les sympathisants UMP, beaucoup moins les autres

POLITIQUE Le maintien de François Fillon est au coeur du débat...

Oriane Raffin

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François Fillon, reconduit comme Premier ministre dimanche par Nicolas Sarkozy, fera son discours de politique générale le mercredi 24 novembre à 15H00 à l'Assemblée nationale, a annoncé lundi Matignon.
François Fillon, reconduit comme Premier ministre dimanche par Nicolas Sarkozy, fera son discours de politique générale le mercredi 24 novembre à 15H00 à l'Assemblée nationale, a annoncé lundi Matignon. — Joel Saget AFP/Archives

Nicolas Sarkozy a-t-il répondu aux attentes des Français avec le remaniement ce week-end? En tout cas, 62% d’entre eux étaient pour le maintien de François Fillon. Un chiffre qui grimpait à 88% pour les sympathisants UMP, selon un sondage Ifop pour France Soir. «Sa nomination s’inscrit donc dans l’attente des sympathisants de droite. On peut néanmoins se demander si le choix du président a été libre ou au contraire contraint et forcé car François Fillon était soutenu», analyse Frédéric Dabi de l’Ifop, contacté par 20minutes.fr.

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«François Fillon reste très populaire dans l’opinion, renchérit Eric Bonnet, directeur d’études chez BVA Opinion. C’est donc un atout pour Nicolas Sarkozy de le garder à ses côtés. D’autres présidents qui avaient évincé des Premiers ministres populaires, comme François Mitterrand pour Michel Rocard ou Georges Pompidou pour Jacques Chaban-Delmas avaient subi les reproches des Français», poursuit-il.

Pour la gauche, «c’est un non-événement»

Pour le reste de l’électorat, «il y a un risque déceptif car ce nouveau gouvernement devrait être perçu comme étant dans la continuité du précédent», analyse Frédéric Dabi. «Pour l’électorat de gauche et les non-politisés, c’est un non-événement, il ne s’est rien passé», estime Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, contacté par 20minutes.fr.

En revanche, le départ de Jean-Louis Borloo et du Nouveau Centre ne devrait pas réjouir leur électorat. «Ils vont se sentir orphelins, déçus par ce gouvernement qui se recentre sur la droite», décrypte Stéphane Rozès.

Opération blanche

«Pour l’opinion, c’est une opération blanche, poursuit-il. Nicolas Sarkozy n’a pas affiché symboliquement une rupture». Frédéric Dabi estime de son côté que «le remaniement a peu intéressé les Français». Idem pour Eric Bonnet. «On peut prévoir qu’il y aura assez peu d’effets. Les Français n’attendaient rien du remaniement.»

Le sondeur souligne également qu’un nouveau Premier ministre entraîne un «effet de surprise, des espérances, un état de grâce». Or, sans nouveau Premier ministre, «Nicolas Sarkozy se prive de cet état de grâce». Mais les Français n’ayant que peu d’attentes, «il n’y aura pas non plus de déception».