Bordeaux à 50 minutes de Paris: Juppé veut rassurer ses administrés

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Alain Juppé, maire de Bordeaux et nouveau numéro deux du gouvernement, s'est attaché à rassurer les Bordelais lundi, leur rappelant "qu'entre Bordeaux et Paris, il n'y a que 50 minutes de vol" pour les convaincre qu'il parviendra très bien à cumuler les deux fonctions.
Alain Juppé, maire de Bordeaux et nouveau numéro deux du gouvernement, s'est attaché à rassurer les Bordelais lundi, leur rappelant "qu'entre Bordeaux et Paris, il n'y a que 50 minutes de vol" pour les convaincre qu'il parviendra très bien à cumuler les deux fonctions. — Jean Pierre Muller AFP

Alain Juppé, maire de Bordeaux et nouveau numéro deux du gouvernement, s'est attaché à rassurer les Bordelais lundi, leur rappelant "qu'entre Bordeaux et Paris, il n'y a que 50 minutes de vol" pour les convaincre qu'il parviendra très bien à cumuler les deux fonctions.

"Quand j'entends dire que je quitte Bordeaux, je suis désolé de décevoir l'espérance de certains : je ne pars pas de Bordeaux, je serai à Bordeaux", a lancé le nouveau ministre de la Défense, lors d'une conférence de presse à l'Hôtel de ville au lendemain de sa nomination au gouvernement.

M. Juppé avait tenu à réserver la primeur de ses réactions aux Bordelais, sachant que bon nombre d'entre eux se montrent inquiets ou sévères sur son retour au gouvernement.

Ses administrés, mais aussi la presse locale ou nationale, ne se sont en effet pas privés lundi de lui rappeler ses engagements passés d'être "un maire à plein temps". Le quotidien Sud-Ouest est allé rechercher un extrait du blog d'Alain Juppé du 22 avril 2009 sur lequel celui-ci déclare : "Il y a, à mes yeux, incompatibilité entre cette fonction (de maire, NDLR) et un poste ministériel. On ne peut pas tout faire à la fois". Le site Le Post a réalisé un montage d'extraits d'interviews dans lesquelles Alain Juppé réitère fermement cette position, relayé par plusieurs médias.

Son opposante socialiste, la députée Michèle Delaunay, a quant à elle qualifié Alain Juppé "d'homme sans parole".

"Il est vrai qu'en 2006, comme en 2008 (lors d'un scrutin partiel à son retour du Canada puis lors des municipales, NDLR), j'avais déclaré que je ne souhaitais pas exercer à la fois des fonctions locales et nationales", a-t-il reconnu lundi. "Je ne nie pas l'avoir dit", mais "le contexte a changé et chacun a le droit d'évoluer et de s'adapter", s'est-il justifié.

Selon Alain Juppé, "la crise est passée par là, les réformes sont difficiles à mettre en oeuvre, nous avons à l'évidence besoin d'un nouvel élan avec des objectifs précis qui répondent aux attentes prioritaires des Français".

Il a concédé aussi que "peu d'hommes politiques auraient refusé" une telle proposition, et s'est dit "heureux" de participer à une équipe gouvernementale "sérieuse et compétente".

Lançant un "appel à l'union des Bordelaises et des Bordelais", l'ancien Premier ministre a en définitive refusé de recevoir des "leçons de morale" en matière de cumul des mandats. "Quand vous regardez le paysage autour de nous, combien cumulent au plan national des fonctions locales", a-t-il demandé, arguant "d'une spécificité française" qui peut se discuter mais sur laquelle "j'ai évolué" car "les conditions sont réunies".

"Je suis sûr que je pourrai travailler à la fois pour la France et pour Bordeaux", a insisté Alain Juppé, soulignant avoir mis en place un dispositif dans la capitale girondine pour pallier ses absences. Et "je vous rappelle qu'entre Bordeaux et Paris, il y a 50 minutes de vol", a-t-il lancé.

Il a rappelé qu'il avait déjà concilié les tâches de maire et de Premier ministre. Et "ce n'était pas une période peu efficace pour Bordeaux", a observé celui que la plupart des habitants créditent d'avoir ressuscité la ville.

"C'est notre réussite commune", a-t-il encore lancé, comptant sur "l'esprit de rassemblement (de la population) autour de notre amour commun" pour Bordeaux.

Dans ses nouvelles attributions ministérielles, le numéro deux du gouvernement a aussi fini par admettre qu'il jetterait "un oeil particulièrement attentif à l'Aquitaine" sur les dossiers de la défense et de l'industrie aéronautique, "particulièrement importants" dans la région bordelaise.