Sarkozy détaillera mardi à la télévision la feuille de route de Fillon

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Nicolas Sarkozy devrait détailler mardi soir à la télévision la feuille de route du nouveau gouvernement de François Fillon et répondre déjà aux critiques, notamment des centristes, qui dénoncent la couleur "UMP-RPR" de son équipe et menacent de faire éclater sa majorité.
Nicolas Sarkozy devrait détailler mardi soir à la télévision la feuille de route du nouveau gouvernement de François Fillon et répondre déjà aux critiques, notamment des centristes, qui dénoncent la couleur "UMP-RPR" de son équipe et menacent de faire éclater sa majorité. — Eric Feferberg AFP/Archives

Nicolas Sarkozy devrait détailler mardi soir à la télévision la feuille de route du nouveau gouvernement de François Fillon et répondre déjà aux critiques, notamment des centristes, qui dénoncent la couleur "UMP-RPR" de son équipe et menacent de faire éclater sa majorité.

Quarante-huit heures à peine après le remaniement très attendu de son gouvernement, le chef de l'Etat répondra en direct depuis l'Elysée, et pendant plus d'une heure et demie, aux questions de TF1, France 2 et Canal Plus, a fait savoir son conseiller en communication Franck Louvrier.

Selon son entourage, cette intervention télévisée sera bien sûr l'occasion pour Nicolas Sarkozy de justifier sa décision de prolonger le bail de François Fillon à Matignon et, surtout, de fixer le cap d'un nouveau gouvernement qui penche sérieusement à droite, après le départ du poids lourd centriste Jean-Louis Borloo et la mort de l'ouverture à gauche.

Comme il fallait s'y attendre, cette explication de texte télévisée, la première depuis celle du début juillet en plein remous de l'affaire Woerth-Bettencourt, précédera la déclaration de politique générale du Premier ministre devant les députés, prévue une semaine plus tard, le 24 novembre.

En écho à ses propos sur la prééminence présidentielle la semaine dernière lors du 40e anniversaire de la mort du général de Gaulle, le président a marqué ainsi son autorité sur un François Fillon devenu incontournable, et peut-être un peu vite qualifié "d'hyper Premier ministre".

L'essentiel des priorités de l'exécutif est connu. Sitôt reconduit, François Fillon a cité dimanche "l'emploi", les "solidarités" et la "sécurité", sur fond de rigueur budgétaire. Quant à Nicolas Sarkozy, il a déjà largement évoqué ses futurs chantiers d'ici 2012, de la dépendance à la réforme fiscale, en passant par l'emploi des jeunes et la justice.

A peine dévoilée, la composition du nouveau gouvernement a suscité la colère des centristes, réduits à la portion congrue avec les seuls Maurice Leroy (Ville) et Michel Mercier (Justice).

L'ex-ministre de la Défense Hervé Morin a lancé la fronde dimanche soir contre le noyau dur de l'UMP en qualifiant le gouvernement de simple "équipe de campagne (...) proche du RPR". Et lundi, il a une nouvelle fois agité son "projet autonome pour la présidentielle de 2012" et le spectre de sa candidature face à Nicolas Sarkozy.

Même s'ils ont affiché leur volonté de rassembler leur camp, la riposte des centristes est pour l'instant prévue en ordre dispersé. M. Morin devait réunir ses troupes lundi en journée et le patron des radicaux Jean-Louis Borloo les siennes en soirée à l'Assemblée nationale.

A la colère centriste se sont ajoutées les aigreurs manifestes des déçus de l'ouverture à gauche, remerciés sans ménagement.

Fadela Amara (ex-Ville) a vertement dénoncé les "limites que constitue le poids de l'inertie et du sectarisme", alors que son ancien collègue à la Justice Jean-Marie Bockel a regretté une "droitisation", avant de proposer ses services dans une "confédération des centres" aux côtés de Jean-Louis Borloo.

Sur le même ton, Ségolène Royal a elle aussi tendu la main aux centristes "mal traités" et l'ex-patron du PS François Hollande raillé une "équipe de la continuité (...) mais dans le rétrécissement". Quant à Claude Bartolone, un proche de Martine Aubry, il a déjà pronostiqué l'échec du remaniement qui, a-t-il dit, ne permettra pas de "sursaut dans l'opinion publique".

François Baroin a inauguré lundi ses nouvelles fonctions de porte-parole du gouvernement en vantant, face à ces critiques, la composition "équilibrée" et le caractère "resserré" du gouvernement.