Le gouvernement Fillon attend sa feuille de route, la majorité présidentielle éclatée

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Le gouvernement Fillon attendait lundi sa feuille de route au lendemain d'un remaniement qui a provoqué la colère des centristes, grands perdants de la nouvelle équipe, déjà estampillée d'"UMP-RPR", à gauche mais aussi à droite.
Le gouvernement Fillon attendait lundi sa feuille de route au lendemain d'un remaniement qui a provoqué la colère des centristes, grands perdants de la nouvelle équipe, déjà estampillée d'"UMP-RPR", à gauche mais aussi à droite. — Lionel Bonaventure AFP

Le gouvernement Fillon attendait lundi sa feuille de route au lendemain d'un remaniement qui a provoqué la colère des centristes, grands perdants de la nouvelle équipe, déjà estampillée d'"UMP-RPR", à gauche mais aussi à droite.

Née en 2002 de la fusion du RPR et de l'UDF, au lendemain de la réélection de Jacques Chirac à l'Elysée, l'UMP semblait lundi s'être fracassée au regard des déclarations tonitruantes des leaders centristes.

Dans le nouveau gouvernement de 31 membres, compris le Premier ministre François Fillon, il ne restait plus qu'un membre du Nouveau centre, Maurice Leroy, le centriste Michel Mercier et plus aucun radical.

L'ex-ministre de la Défense et président du Nouveau centre, Hervé Morin, a sonné la charge dès dimanche soir contre les choix du président Nicolas Sarkozy et la nouvelle équipe gouvernementale.

"La France a besoin de pluralisme et la démocratie d'équilibre. Depuis avril 2010 le chef de l'Etat est en désaccord avec cette démarche", a déclaré M. Morin en expliquant qu'"il ne pouvait pas rester au gouvernement" dans ces conditions. Et de lancer : "J'ai vu apparaître une équipe de campagne (...) électorale, UMP, je pourrais même dire proche du RPR".

Le président du parti radical, Jean-Louis Borloo, longtemps favori pour Matignon, a expliqué avoir préféré "retrouver (sa) liberté de proposition et de parole au service de (ses) valeurs" au premier rang "desquelles la cohésion sociale".

A gauche, la tonalité était la même. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a dénoncé un remaniement fruit d'"un arrangement" de nature "clanique" UMP-RPR, et dans la reconduction de François Fillon une "fin de non recevoir" adressée aux Français.

Nouveau porte-parole du gouvernement, le chiraquien François Baroin a vanté lundi la composition "équilibrée" et le caractère "resserré" du gouvernement. "J'entends des choses sur le thème : +tiens y a des gaullistes et des RPR+. Et alors! On ne va pas s'excuser d'être gaullistes et RPR, on ne va pas s'excuser d'être à l'origine de la constitution de l'UMP? d'avoir gagné des élections avec Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, on ne va pas s'excuser d'avoir cette sensibilité-là", a-t-il lancé.

La socialiste Ségolène Royal a immédiatement tendu la main aux centristes "mal traités" et appelé les socialistes à "accélérer" la préparation de la présidentielle de 2012.

Les familles centristes, qui se disent malmenées, ont prévu de riposter dans la journée, mais en ordre dispersé. Hervé Morin va réunir ses troupes dans la journée et Jean-Louis Borloo, dont l'objectif est de fédérer les centristes de la majorité, a prévu de faire de même dans la soirée à l'Assemblée nationale.

Claude Bartolone, proche de Martine Aubry, a pronostiqué que le nouveau gouvernement, fruit "d'accord entre l'UMP et le RPR" ne permettra pas de "sursaut dans l'opinion publique". Il a donné rendez-vous à la droite aux cantonales de mars prochain, en lui promettant une nouvelle déconvenue électorale: "Aujourd'hui, la droite, lorsqu'elle est confrontée aux élections, connait des revers, et vous verrez qu'en mars, aux cantonales, les Français enverront le même message à un gouvernement en fin de course".

Côté gouvernement, dans l'attente de la feuille de route que devrait lui délivrer dans les jours à venir le président Sarkozy, les passations de pouvoir s'échelonneront tout au long de la journée. Un seul rendez-vous est annoncé pour le moment: le Conseil des ministres mercredi à 10 heures.

Aucune indication n'a été donnée lundi matin sur la date du discours de politique générale de François Fillon devant l'Assemblée nationale.